- Le département de la Charente-Maritime lance ce vendredi une concertation publique sur l’éventuelle mise en place d’un péage sur le pont de l’île d’Oléron.
- Les habitants ont jusqu’au 9 novembre pour donner leur avis.
- Une équipe de TF1 s’est rendue sur place.
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Le 13H
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Il était totalement gratuit depuis 35 ans, mais cela pourrait changer dans les prochaines années : le pont permettant d’accéder à l’île d’Oléron nécessite aujourd’hui des travaux de rénovation, et le département de la Charente-Maritime réfléchit aujourd’hui à l’instauration d’un péage pour financer ce chantier. Depuis ce vendredi 9 octobre et jusqu’au 9 novembre prochain, le département lance une grande concertation publique auprès des habitants.
Ces derniers sont invités à « déposer (leurs) contributions, poser (leurs) questions lors des réunions publiques et des visio-chats, participer à des ateliers thématiques »
. À l’issue de la concertation, un bilan sera rédigé par une experte puis examiné par le Conseil départemental avant mi-2027.
Le pont déjà payant par le passé
Pour certains, la proposition de faire payer l’accès au pont représente un retour en arrière : l’île avait déjà connu un péage de 1966 à 1991, notamment pour rembourser la construction du pont. Il fallait à l’époque débourser quelques dizaines de francs pour emprunter cette unique route qui mène à l’île.
Aujourd’hui, les habitants sont plutôt partagés sur un éventuel retour à un péage : « C’est aussi notre outil. Si c’est une éco-taxe, si c’est un moindre coût, tout le monde peut participer, pourquoi pas ? Mais je comprends que ça peut être aussi compliqué pour des gens qui se disent que c’est un droit public »
, estime Maïté Méchin, agent immobilier au Château-d’Oléron, dans le reportage du JT de TF1 en tête de cet article.
Les professionnels qui travaillent sur l’île craignent pour leur activité : « On a des salariés qui habitent sur le continent, des fournisseurs aussi »
, souligne Camille Delaire, ostréicultrice sur l’île. « En tant qu’employeur, oui, ce serait forcément une charge supplémentaire. Mais en même temps, on a besoin de personnel aussi pour travailler. Ils n’auraient peut-être jamais dû l’enlever, finalement, ce péage, à l’époque. Ça ferait surtout moins débat de nos jours. »
D’autres envisagent de faire payer « plutôt les touristes. Si ça reste raisonnable en prix, un peu moins cher que l’île de Ré (où le péage existe depuis 1933, ndlr) ça pourrait être pas mal »
, estime un habitant. L’île accueille en effet trois millions de visiteurs par an, et compte 22.000 habitants permanents.
Certains craignent d’ailleurs qu’un péage rende l’accès à l’île plus difficile pour les habitants du continent, et vice versa. D’autant que de nombreux services publics et entreprises se trouvent sur l’île.
Des travaux de restauration nécessaires
Quoi qu’il en soit, il est nécessaire de trouver un financement pour la restauration du pont, car la situation devient urgente. « Si on n’intervient pas rapidement, en 2035, on sera obligé de réduire le tonnage des véhicules qui vont franchir le pont »
, alerte face à notre caméra Sylvie Marcilly, présidente du département de la Charente-Maritime. « Les départements sont dans des situations extrêmement compliquées financièrement. On a très peu de possibilités de financer seuls la réparation du pont. »
Les travaux sont en effet estimés entre 55 et 72 millions d’euros. Et si beaucoup reconnaissent la nécessité d’entretenir le pont, un « collectif citoyen pour la gratuité du pont d’Oléron »
refuse que « ces missions d’intérêt général soient financées par l’institution d’un droit départemental de passage et la perception d’une redevance pour services rendus »
. Le collectif a lancé le mois dernier une pétition pour dire « non au péage de l’île d’Oléron »
, qui recueille aujourd’hui près de 4.000 signatures.
Le collectif rappelle que le pont « n’est pas un équipement de loisirs »
mais qu’il est « l’unique accès à l’île »
. « Faire payer son franchissement, c’est instaurer un obstacle financier à la liberté de circulation et remettre en cause la continuité territoriale »
, dénonce la pétition.
En cas d’adoption du droit de péage, le conseil départemental prévoit un déploiement des équipements nécessaires qui s’étalerait de 2027 à 2030, pour une mise en service d’un péage sans barrière d’ici avril 2030.
Laurene ROCHETEAU | Reportage TF1 : Erwan BRAEM et Christophe BROUSSEAU