« Je crois qu’il n’y a pas de mots, on est désemparés et surtout profondément tristes. On est restés nous sur notre balcon tard hier soir en voyant ces flammes, on se dit que c’est tout un passé qui s’envole également »
, témoigne une dame. Des fumées s’échappent encore des vitres brisées de l’hôtel de ville de Limoges (Haute-Vienne). La charpente est calcinée, et peut s’effondrer à tout moment. Ce bâtiment qui date de 1883, les Limougeaux y sont très attachés. Ce matin, ceux que notre équipe a rencontrés le regardent médusés.
« Qu’on en arrive là, c’est un désastre complet et je ne serais pas tendre envers des manifestants qui ont été jusque-là »
, peste un homme. Un peu avant 18h hier, des casseurs entrent dans l’enceinte de l’hôtel de ville en marge des manifestations. Le feu se déclare au rez-de-chaussée avant de rapidement gagner les combles. Moins de 3 heures plus tard, les Limougeaux voient le symbole de leur ville disparaître. Le campanile s’effondre, vaincu par les flammes.
« J’en veux beaucoup aux autorités de ce pays », « l’incendie de cette ville aurait pu être évité », accuse le maire de Limoges
« J’ai vu en vidéo la cloche qui est tombée, ça m’a fait penser à la cathédrale de Paris et j’ai eu le même déchirement. Je comprends qu’ils manifestent, mais qu’ils cassent, qu’ils détruisent, je ne comprends pas, ça me fait mal »
, affirmait hier soir une mère de famille devant la mairie, alors que les pompiers luttaient encore contre les flammes. « Il y a des casseurs qui se mêlent à la foule et tout devient un prétexte pour saccager »
, estime un jeune homme.
Une centaine de sapeurs-pompiers étaient mobilisés toute la nuit. Ce matin, il leur est toujours impossible d’accéder à l’intérieur du bâtiment. « Le toit de la façade principale est complètement détruit, on a un niveau qui s’est effondré également et donc on a une façade qui ne tient maintenant que par les deux pignons sur les côtés »
, explique le colonel Franck Machingorena, directeur du SDIS de Haute-Vienne. Seuls quelques objets ont pu être sauvés des flammes.
Le préfet de Haute-Vienne décrit des individus très violents. « C’est quelque chose de criminel qui a été fait là et en plus ils ont menacé de mort donc des agents qui se trouvaient à l’entrée »
, rapporte Maurice Barate. Une enquête a été ouverte par le parquet de Limoges. La façade avait été intégralement rénovée en 2019 pour un montant de 2,5 millions d’euros.