- Un patient français est mort début octobre du virus Shamonda, premier cas détecté chez un humain.
- Ce virus, transmis par des piqûres de petits insectes, circule depuis des décennies parmi les animaux d’élevage.
- Les autorités sanitaires expliquent que le patient atteint du virus était sévèrement immunodéprimé.
Ajoutez TF1info à vos sources sur Google
Un risque de contamination à grande échelle ? Alors qu’un premier cas de virus Shamonda a été détecté début octobre, chez un patient sévèrement immunodéprimé qui est depuis décédé, les autorités sanitaires se veulent plutôt rassurantes sur l’éventualité d’une contamination plus vaste.
Le patient décédé du virus était « fortement immunodéprimé »
et représente donc un cas « exceptionnel »
, affirment-elles, assurant qu’il n’y a à ce stade aucun risque pour la « population générale »
.
En revanche, « de nombreuses zones d’ombre subsistent »
puisqu’il s’agit du « premier cas humain identifié »
, précise le professeur de neurologie Tom Solomon, directeur de l’organisation The Pandemic Institute à Liverpool (Royaume-Uni) et de l’Unité de recherche britannique consacrée aux infections émergentes et zoonotiques, dans une réaction à l’organisme britannique Science Media Center (SMC).
Pas lieu de céder à la panique
Pas lieu de céder à la panique
Tom Solomon, directeur de l’organisation The Pandemic Institute
On ignore par exemple « si des personnes en bonne santé peuvent être infectées sans pour autant développer de symptômes, quels symptômes le virus est susceptible de provoquer en temps normal, ou encore avec quelle fréquence il peut entraîner une forme grave de la maladie »
, énumère-t-il.
L’expert indique toutefois qu’il n’y a « pas lieu de céder à la panique »
, mais que ce cas souligne « l’importance de la surveillance des infections émergentes »
, notamment « celles susceptibles d’affecter le cerveau »
. De leur côté, les autorités sanitaires françaises ont d’ores et déjà prévenu les instances sanitaires internationales, et les investigations « cliniques, biologiques et épidémiologiques »
se poursuivent.
Un virus transmis par des petits insectes
Transmis par la piqûre de petits insectes comme des moucherons du genre culicoïdes, le virus Shamonda, de la famille des orthobunyavirus, circule depuis des décennies chez des animaux d’élevage, les bovins étant considérés comme les hôtes principaux.
Le virus a été été détecté pour la première fois au Nigeria au milieu des années 1960, et identifié pour la première fois en Europe, dont en France, fin juillet. Il s’est depuis rapidement répandu, avec désormais 14 pays de l’Europe de l’Ouest touchés, selon le dernier bilan de l’ESA, l’épidémiosurveillance en santé animale.
En France, le virus circule dans 52 départements chez les bovins et, dans une moindre mesure, chez les ovins dans deux départements et les équins dans un département. La rapidité de cette émergence « apparaît liée aux conditions climatiques favorables aux insectes vecteurs »
, a jugé en août l’Institut public français de recherche pour l’agriculture.
Alors que le virus était jusque-là considéré comme non transmissible aux humains, l’hypothèse retenue pour expliquer la transmission au patient décédé est celle d’une contamination vectorielle, par la piqûre d’un moucheron de type culicoïde dans l’Est de la France. Ce territoire a rapporté une circulation du virus chez l’animal au printemps-été 2026.