- En vue d’un troisième samedi de manifestations, les commerçants ne sont pas les seuls à se préparer.
- Les municipalités aussi ont pris des mesures pour limiter les dégâts en cas d’affrontement.
- Elles peuvent s’avérer très coûteuses pour les collectivités.
Suivez la couverture complète
Lycées, facs, gilets jaunes… Une France entre colère sociale et violences urbaines
Ajoutez TF1info à vos sources sur Google
Pour le troisième samedi de suite, on s’active pour préparer une nouvelle journée de manifestations et limiter les dégâts en cas d’affrontements. Autant de mesures qui commencent à coûter très cher aux commerçants, mais aussi aux municipalités. C’est le cas à Brest où des bennes à ordures ont été installées par la mairie pour couper l’accès au commissariat de la ville, ciblé le 17 octobre par des manifestants violents. Le coût total de l’opération ? 10.000 euros. « C’est triste de dépenser de l’argent comme ça. Il y aurait besoin de faire autre chose sûrement »,
déplore une riveraine au micro du JT de TF1.
La municipalité a également entrepris de retirer tout ce qui pourrait servir de projectile par des casseurs. Sur une place du centre-ville, tous les pavés ont ainsi été retirés. La mairie a déboursé 25.000 euros pour les extraire, un à un. « Il faut aussi intégrer la remise en place. Donc vous pouvez doubler cette somme sans difficulté »,
précise Benoît Buffeteau, maire adjoint à la sécurité de Brest. « Ça demande du temps, ça demande du travail, ça demande encore de l’argent à mettre là où on n’aurait pas voulu le mettre »
, renchérit-il.
Investir dans une sécurité privée
À Coulaines, dans la Sarthe, les agents municipaux se préparent eux aussi : ils dégagent poubelles, barrières ou palettes de chantier. Tout ce qui pourrait servir à commettre des dégradations. En outre, la commune de 8.000 habitants n’a pas de police municipale, alors le maire a sorti le chéquier. Il a engagé chaque week-end quatre agents de sécurité d’une société privée. Sa principale inquiétude ? L’hôtel de ville, déjà incendié lors des émeutes de 2023.
Pour trois week-ends de sécurité privée, la facture s’élève déjà à 3.000 euros. « Ce n’est pas rien pour une petite ville comme la nôtre, mais ça se justifie parce que depuis les émeutes de 2023, les assurances ont durci leurs conditions. Et aujourd’hui, la franchise de remboursement pour, par exemple, l’incendie d’un bâtiment public, c’est 2 millions d’euros »
, explique le maire Christophe Rouillon (PS).
Autant de mesures coûteuses pour les collectivités, mais moins que les dégradations potentielles. Rien que les 17 et 18 octobre derniers, les dégâts sont estimés à environ 200 millions d’euros.