Sur les affiches qui encadrent le porche royal, François Ier (1494-1547) pleure une larme orange. Pourquoi orange, se demande-t-on, échafaudant les hypothèses les plus improbables : orange comme les taches de la salamandre, emblème du vainqueur de Marignan et symbole de renaissance ? Orange, le mélange de rouge, incarnation du sang royal, et de jaune, comme le Soleil de Louis XIV, lequel passa sans doute plus de temps à Chambord que François Ier ? L’explication est plus simple : l’orange est une couleur qui accroche l’œil. Et Chambord a besoin d’attirer l’attention. Derrière la magnificence de ses façades, nord et sud, toujours intactes, derrière l’harmonie et la grâce sans égale de ce modèle d’équilibre architectural, François Ier a de quoi verser une larme.
L’immense demeure, nichée au cœur du plus grand domaine forestier clos d’Europe (5 440 hectares entourés par 32 kilomètres de mur), construite sur ordre de François Ier à partir de 1519, impressionne toujours autant, avec ses 10 000 mètres carrés habitables, répartis en 426 pièces, son « escalier magique » à double révolution et l’élégance verticale de ses tourelles et cheminées en pierre sculptée. Oui mais voilà : le monarque qui incarne la Renaissance à la française est bien touché en plein cœur. L’aile du château qui porte son nom, et qu’il fit construire, au-dessus des douves, entre 1539 et 1545, pour s’éloigner de la Cour, est aujourd’hui gravement fragilisée.
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