Quatre jours après la tragédie du Nouvel An, où au moins 40 personnes ont trouvé la mort dans l’incendie d’un bar de nuit, Crans-Montana, dans le canton suisse du Valais, était toujours sous le choc dimanche 4 janvier. Dans le silence et le recueillement, des milliers de personnes ont bravé le froid pour défiler dans la rue centrale de la célèbre station suisse de sports d’hiver, jusqu’à un rond-point proche de l’établissement où s’est noué le drame de la Saint-Sylvestre, Le Constellation, protégé des regards par une longue bâche blanche. Un mémorial a été improvisé là, et des centaines de bougies et de fleurs y témoignent de l’émoi des habitants et touristes.
Au milieu de cette foule, une femme – qui a demandé à rester anonyme – se trouve entre détresse absolue et colère. Elle est restée sans nouvelles de son fils pendant près de trois jours, avant d’apprendre finalement son décès dans la soirée du 3 janvier, peu avant 23 heures : « Notre fils est parti faire la fête au paradis. Nous pouvons maintenant commencer notre deuil », explique-t-elle, avant de relater sa difficulté à faire face à cette si longue attente. Et sa colère face au long silence des autorités suisses. « J’ai pu embrasser mon fils ce matin à la morgue. Il n’était ni défiguré ni carbonisé, contrairement à ce qu’on nous laissait entendre, et ses doigts étaient intacts, ce qui aurait très vite dû permettre la prise d’empreintes digitales. On m’a menti : Depuis le début, on aurait pu me dire qu’il était mort. »
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