- C’est l’un des grands défis logistiques et écologiques du siècle : comment (bien) recycler nos déchets ménagers ?
- Aujourd’hui, les couleurs de nos poubelles doivent nous aider à trier ce que nous jetons, mais il y a encore trop d’erreurs.
- Des négligences quotidiennes qui coûtent cher à la collectivité, comme le montre ce reportage édifiant du JT de TF1
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Le 13H
Agent de collecte chez Veolia, Mana Vidal collecte chaque jour des centaines de bacs de tri. Ils ne doivent contenir que des emballages, en plastique, métal ou carton. Alors pour les accepter, tout passe par un contrôle visuel. « Ici, tout va bien, c’est nickel. C’est pas souvent comme ça »
, affirme-t-il dans le reportage du 13H ci-dessus.
Dans sa tournée, près d’une poubelle sur cinq présente en effet des erreurs flagrantes. L’une d’elles, par exemple, ne rejoindra même pas son camion, car des bouteilles de verre sont visibles à l’intérieur. « On scotche le dessus, ça nous fait perdre un peu de temps. Ils vont envoyer une équipe autre que la nôtre pour collecter le bac qui n’est pas bien trié »,
dit-il.
1 déchet sur 4 est une erreur de tri
Mais souvent, les poubelles mal triées passent inaperçues et leur contenu se retrouve dans la benne. Mana entend du verre tomber en vidant une poubelle, et n’y peut plus rien. « On croit que c’est trié, mais dans le fond, c’est pas trié, et quand on le vide, on l’entend »
, déplore-t-il. Une situation qu’on retrouve dans toute la France. En moyenne, un déchet sur quatre jeté dans une poubelle jaune n’a rien à y faire.
Les refus de tri, on va les envoyer en incinération à Bayet. C’est pas très loin, mais c’est du transport et un coût de tri qui avoisine les 200 euros/tonne.
Les refus de tri, on va les envoyer en incinération à Bayet. C’est pas très loin, mais c’est du transport et un coût de tri qui avoisine les 200 euros/tonne.
Jackie Renaud, directrice d’Allier Tri
Des erreurs qui se répercutent ensuite dans les centres de tri. Exemple dans l’Allier où 80 tonnes de déchets arrivent chaque jour, et les trouvailles sont parfois étonnantes, comme le montre Jackie Renaud, directrice d’Allier Tri. « Ça, ce sont des erreurs de tri qui ont été enlevées en moins d’une heure ce matin. Un beau sapin, ce n’est pas un emballage, des sacs noirs, des couches, un équipement électronique, très dangereux pour les centres de tri »
, énumère-t-elle devant la caméra de TF1. Ces erreurs ne sont pas anodines, et représentent un coût important pour le centre. « Les refus de tri qui sont sur le tapis, on va les envoyer en incinération à Bayet. Ce n’est pas très loin, mais c’est du transport à 45 kilomètres. Et un coût de tri qui avoisine les 200 euros par tonne »,
explique la directrice. Soit l’équivalent à l’année de 700.000 euros pour ce seul centre.
Et lorsque les erreurs de tri endommagent le matériel, le coût flambe. Il y a quelques années, le tapis a été lacéré par un dossier de fauteuil, et avait dû être changé. « L’impact, c’est qu’il faut le remplacer, 20.000 euros. Le personnel qui ne vient pas trier une journée, mais qui revient le week-end pour trier »,
dénonce encore Jackie Renaud. Mieux trier ses déchets a aussi un intérêt économique pour les habitants. Ils ne paient pas un centime pour le recyclage quand il est bien fait. Ce sont les entreprises productrices d’emballages qui s’en chargent. « Elles soutiennent et paient aux collectivités les tonnes qui sont recyclées. En revanche, les tonnes qui ne sont pas recyclées vont rester à la charge des municipalités. Et donc à la charge des contribuables »,
souligne Jean Hornain, directeur général de Citéo.
Alors pour inciter à mieux trier, certaines collectivités envoient des agents directement chez les habitants dont la poubelle a été refusée lors de la dernière collecte. « Les erreurs de tri coûtent très cher à la collectivité. C’est 384 euros TTC par tonne. D’où l’intérêt d’avoir les gens, de leur expliquer, parce que des fois il y a de la méconnaissance »
, estime Laurence Deniau, ambassadrice de tri à Thiers (Puy-de-Dôme).
L’objectif de ces ambassadeurs de tri : faire de la pédagogie. Comme chez ce retraité qui assure que « par moments, c’est litigieux de savoir si ça passe ou ça ne passe pas »
. Laurence lui conseille alors au moindre doute de « le mettre dans la poubelle noire plutôt que dans la jaune, sinon ça coûte très cher ».
« Nous appeler, c’est aussi une solution »
, précise-t-elle. Une sensibilisation qui a aussi pour objectif de mieux capter les déchets recyclables. En France, plus d’une bouteille en plastique sur trois n’est pas jetée dans les poubelles de tri.








