Le chaos planétaire s’est fait entendre, vendredi 20 mars, lors de la soirée d’ouverture de Séries Mania, le festival organisé à Lille depuis 2018. Invitée à participer au jury de la compétition internationale, la réalisatrice iranienne Ida Panahandeh est restée à Téhéran, sous les bombes. Alors qu’en 2025 elle était venue à Lille pour y présenter sa série, At the End of the Night, elle a dû cette année se contenter d’un message dans lequel elle a souhaité que les soldats restent chez eux pendant que les artistes circuleront dans le monde entier.
A Lille, les inquiétudes ne sont pas seulement géopolitiques. Pour la première fois, en 2026, le comité de sélection de Séries Mania a constaté une baisse du nombre de séries qui lui ont été présentées, 375 contre 450 l’année précédente. Cette baisse procède aussi bien des mouvements capitalistiques en cours dans l’industrie américaine du divertissement que des cures d’amaigrissement que connaissent les services publics européens. Si bien que les séries en provenance des Etats-Unis seront rares cette année.
Il y en avait bien une en ouverture, The Testaments, inspirée de la suite que Margaret Atwood a donnée à La Servante écarlate. Mais Disney+, la plateforme qui mettra en ligne les premiers épisodes de The Testaments le 8 avril, a exigé de la presse et du public, dûment chapitré avant la projection, qu’ils restent muets quant à la série. Les plateformes américaines aiment à imposer des embargos, et il faudrait bien plus qu’un festival pour assouplir cette position.
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