Les New-Yorkais entretiennent un rapport affectueux à ce qu’ils appellent « leur » bodega – une supérette-sandwicherie de proximité – et, plus encore, à la personne derrière la caisse : « leur » bodega boy. A Brooklyn, aujourd’hui, cette personne est souvent un homme originaire du Yémen. Cela, beaucoup l’ignoraient, jusqu’à ce qu’un millier d’établissements ferment en 2017 pour protester contre le premier travel ban de Donald Trump à l’encontre de plusieurs pays musulmans, dont le Yémen.
Bien souvent, ces commerces sont gérés par les membres d’une même famille et sont ouverts tôt le matin jusqu’à tard le soir, faisant défiler toutes les générations derrière le comptoir. D’une échoppe à l’autre, se décline ainsi tout le nuancier de l’identité composite de l’exilé, chacun inventant comment s’inscrire dans la mosaïque qui compose New York.
En cela, les bodegas new-yorkaises s’apparentent à une expérience du rêve américain : un lieu de passage où les propriétaires passent le plus clair de leur vie, à travailler, manger, dormir, prier, danser… Et où Zohran Mamdani, maire de la ville depuis janvier 2026, n’aura cessé de revenir au cours d’une campagne électorale, faisant de ces épiceries des lieux incontournables et emblématiques.
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