Imperturbable, Walid (le prénom a été changé) regarde le va-et-vient des journalistes postés devant l’école maternelle Emile-Zola, au cœur de la cité Arago, passage Elizabeth, à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis). Le jeune homme est assis en équilibre sur un garde-corps situé à quelques dizaines de mètres de là. C’est l’un des principaux points de deal de la ville. Il commente : « Bon d’accord… Ici on ne vend pas des bonbons… Et ça ne s’arrêtera pas, tant qu’il y aura de la demande, le trafic ne s’arrêtera pas. »
Jeudi 3 avril, les personnels, les parents des 60 élèves de cet établissement et ceux du groupe scolaire voisin se sont prononcés sur l’avenir de l’enceinte scolaire lors d’une votation organisée par la commune : d’une courte tête, les partisans d’une délocalisation dès le mois d’avril ont obtenu gain de cause. Cent voix favorables contre 97 qui auraient souhaité attendre la rentrée de septembre. L’école actuelle fermera donc ses portes dans quelques semaines.
Les quatre classes déménageront au retour des vacances de printemps dans les anciens locaux d’une crèche adossée au groupe scolaire voisin, rue Emile-Zola. En cause, le trafic de stupéfiants et les nuisances associées. L’objectif de ce déménagement : « Assurer la sécurité des enfants », martèle le maire (Parti socialiste) de la ville, Karim Bouamrane.
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