Devant la porte nord du parc Tapgol, au centre de Séoul, c’est la fin d’une époque. Jusqu’à l’été 2025, de nombreuses personnes âgées se regroupaient encore sur cette petite place, parfois des journées entières, pour jouer au janggi (le jeu d’échecs coréen) ou au baduk (jeu de go). Au fil des saisons, pendant deux décennies, des duos de joueurs – essentiellement des hommes âgés de plus de 60 ans – s’asseyaient autour des plateaux de jeu, tandis que d’autres les entouraient, debout, pour observer la partie en silence, toutefois ponctuée d’exclamations lorsqu’un coup décisif était joué.
Mais, depuis le 31 juillet 2025, ce lieu cher aux seniors est pratiquement désert. Des panneaux indiquent que « toute activité susceptible de perturber l’atmosphère du parc – comme jouer au baduk ou au janggi, fumer, boire, chanter, danser, ou commercer – est strictement interdite ». Sur le sol, de grandes lettres jaunes tracent le message suivant : « Zone désignée comme patrimoine national », empêchant tout rassemblement.
Selon les autorités locales, cette mesure se justifie au regard du caractère historique du parc Tapgol, qui fut le berceau du Mouvement du 1er mars 1919 : c’est là que des étudiants et des patriotes coréens ont lu publiquement la déclaration d’indépendance, déclenchant une vague de manifestations pacifiques contre l’occupation japonaise dans tout le pays. Le long de l’enceinte du parc sont disposées des plaques de bronze en relief représentant des scènes historiques du mouvement d’indépendance.
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