Jean et Viviane Badache, un couple au centre de l’énorme escroquerie immobilière et financière Apollonia, avec quelque 750 victimes et un préjudice estimé à plus de 1,2 milliard d’euros, ont été condamnés, jeudi 15 janvier, à sept ans de prison ferme par le tribunal correctionnel de Marseille.
Leur condamnation est assortie d’un mandat de dépôt différé, avec exécution provisoire, ainsi que d’une amende de 2,5 millions d’euros. Le couple se verra aussi confisquer des biens immobiliers, comptes bancaires, bijoux et sommes en numéraire pour un total de 20 millions d’euros. A la sortie de l’audience, Frédéric Monneret, l’un des avocats du couple, s’est dit « abasourdi par la sévérité de la peine prononcée », invoquant l’âge de ses clients et leur volonté de « collaborer » avec la justice. Il a annoncé son intention d’interjeter appel de la décision.
Quatorze personnes et la société Apollonia ont comparu pour escroquerie en bande organisée, faux et blanchiment aggravé. Lors du procès, qui s’est tenu du 31 mars au 6 juin 2025, l’accusation avait requis la peine maximale de dix ans de prison contre Jean Badache, 71 ans, et son épouse, Viviane Badache, 69 ans, désignés comme « les concepteurs, organisateurs et bénéficiaires » de l’escroquerie, ainsi que les confiscations.
Quatre commerciaux et deux notaires condamnés
L’escroquerie consistait à « empiler » des crédits immobiliers sur les clients, médecins et professions médicales notamment, démarchés par des commerciaux de cette société de conseil en patrimoine aixoise, qui a encaissé 115 millions d’euros de commissions entre 2004 et 2009. Apollonia faisait miroiter l’acquisition d’un patrimoine sans bourse délier par le statut de loueur en meublé professionnel à ces clients, qualifiés de « pigeons » par Jean Badache, selon les témoignages de commerciaux de l’entreprise.
Le remboursement de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) pendant les premières années, les loyers et les mesures de défiscalisation étaient censés autofinancer les acquisitions à 100 %. Invités à signer des liasses de documents vierges, les clients déléguaient toutes les démarches à Apollonia et se sont retrouvés avec un endettement allant de 800 000 à 4 millions d’euros souscrits auprès de diverses banques.
Le fils du couple, Benjamin Heysen Badache, a été condamné à un an de prison ferme à exécuter sous bracelet électronique et à trois ans de prison avec sursis. Quatre commerciaux d’Apollonia, VRP de la fraude, ont été condamnés à des peines allant de cinq ans ferme avec mandat de dépôt différé, pour deux d’entre eux, à trois ans ferme avec mandat de dépôt différé et quatre ans, dont deux avec sursis pour les autres, et des amendes allant de 30 000 à 300 000 euros.
Deux notaires ont été condamnés à cinq ans de prison, dont trois avec sursis pour l’un et cinq ans, dont dix-huit mois ferme pour l’autre. Un avocat qui « participait à donner une apparence de respectabilité » aux opérations a été condamné à cinq ans de prison, dont trois avec sursis. Un troisième notaire a été relaxé.











