- L’Institut Louis Joinet a publié un rapport sur l’ampleur des violences perpétrées à Notre-Dame-de-Bétharram.
- L’ONG spécialisée a enquêté pendant plus d’un an et propose des mécanismes de réparation judiciaire après le scandale de cet établissement privé.
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Violences et abus sexuels au collège-lycée de Bétharram
Un document de près de 400 pages, fruit d’un an d’enquête. Dans un rapport publié ce samedi 20 juin et intitulé « Bétharram : terreur et silence(s), écouter, reconnaitre, réparer et protéger », l’institut Louis Joinet rend ses conclusions après avoir été mandaté par la Congrégation de Bétharam sur le scandale ayant éclaboussé l’établissement catholique des Pyrénées-Atlantiques. Plusieurs anciens élèves disent y avoir subi des violences physiques et sexuelles lors de leur scolarité.
L’affaire est devenue politique lorsque François Bayrou, ancien Premier ministre et maire de Pau, a été accusé d’avoir eu connaissance d’abus au sein de l’établissement sans intervenir, tandis que certains de ses enfants y ont étudié et que sa fille témoigne de violences. L’ancien élu local a toujours nié avoir eu connaissance de tels faits.
37 auteurs présumés de violences
Soulignant que les nombreux faits dénoncés n’étaient pas isolés mais « participaient d’un même système de violence »
, l’IFDJ estime que « depuis les années 1950 au moins, des centaines d’élèves y ont été victimes de violences physiques, psychologiques et sexuelles »
par des membres du personnel de Bétharram et d’autres établissements de la congrégation. À ce sujet, l’ONG spécialisée se montre prudente et précise que « l’objectif n’est pas de produire un chiffre absolu ou incontestable »
mais « de construire un ordre de grandeur, assorti de précautions, permettant de mieux apprécier l’ampleur probable du phénomène ».
Concrètement, 37 auteurs présumés parmi les encadrants religieux ou laïcs ont été directement identifiés par l’IFPJ après avoir recueilli des témoignages. « La Commission a directement entendu 59 personnes se déclarant victimes de la congrégation, tandis que 9 personnes déclarent n’avoir subi aucune violence. Parmi les victimes, 49 sont des anciens élèves de Notre-Dame de Bétharram : 5 rapportent exclusivement des violences sexuelles, 17 exclusivement des violences physiques et 27 déclarent avoir subi les deux formes de violences »,
détaille le rapport.
Un « mécanisme de réparation financière »
« Les violences observées sont de nature psychologique, physique et sexuelle. Elles s’articulent souvent entre elles et s’inscrivent dans un climat général de domination, de peur et d’insécurité pour les élèves »,
décrit encore le rapport. Des violences qui « se sont accompagnées de multiples mécanismes de silenciation fondés sur la peur, la honte, les rapports de domination ou l’emprise ».
Parmi les pistes judiciaires envisagées, l’ONG propose la mise en place d’un tribunal citoyen ou d’un « mécanisme de réparation financière ».
À ce jour, Notre-Dame-de-Bétharram a versé 1,4 million d’euros d’indemnisation à 48 victimes. Mais l’IFJD estime que « les victimes des violences commises à Bétharram doivent bénéficier d’une réparation financière adaptée à la gravité des préjudices subis »
et que « ce droit concerne les violences sexuelles, déjà prises en compte par les dispositifs existants, mais également les violences non sexuelles graves ».









