- Mort en 1977, un ancien évêque de Tarbes et Lourdes est mis en cause par un ancien collégien de Notre-Dame de Bétharram.
- Celui-ci dénonce un viol qui aurait été commis en 1971, tandis que les diocèses de Tarbes et de Bayonne disent n’avoir trouvé aucun élément dans leurs archives.
- Une instance de réparation créée par l’Église doit statuer le 6 octobre sur l’indemnisation du plaignant.
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Violences et abus sexuels au collège-lycée de Bétharram
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Figure de la Résistance pour son engagement contre la persécution des juifs, Pierre-Marie Théas est visé par une enquête interne à l’Église catholique. L’ancien évêque de Tarbes et Lourdes, mort en 1977 et reconnu « Juste parmi les nations »
quelques années plus tôt, est mis en cause par un ancien élève de Notre-Dame de Bétharram, dans les Pyrénées-Atlantiques, a révélé (nouvelle fenêtre) samedi Mediapart.
Cet homme a porté plainte en 2025 pour des violences psychologiques, physiques et sexuelles subies pendant sa scolarité. Parmi elles, il fait état d’un viol qui aurait été commis en 1971 dans un « bâtiment à l’écart »
par un « vieux prêtre »
, selon le site d’investigation.
Des archives muettes
L’actuel évêque de Tarbes et Lourdes, Jean-Marc Micas, indique dans un communiqué avoir été « informé de cette situation en juillet 2026 »
. Il confirme un élément matériel : « Originaire de la région, Monseigneur Théas a occupé, jusqu’à sa mort en 1977, un petit appartement mis à sa disposition à Bétharram. »
Au-delà, les recherches n’ont rien donné. Sollicité par l’Instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation (Inirr) « pour faire part des éléments éventuels dont nous disposerions pour étayer la vraisemblance de ce signalement »
, Jean-Marc Micas précise qu’une « recherche approfondie dans les archives n’a pas permis de répondre positivement à cette demande »
. L’évêque de Bayonne, Marc Aillet, fait le même constat : « compte tenu de l’implantation régionale, des vérifications rigoureuses ont été immédiatement effectuées dans les archives du diocèse »
, sans résultat.
Le plaignant a saisi l’Inirr il y a quelques mois. Le collège de cette instance doit se réunir le 6 octobre pour décider de son indemnisation, selon Mediapart
. Créée en 2021 (nouvelle fenêtre) par l’épiscopat français, elle traite les demandes de réparation des victimes dans les diocèses. Elle est née après le rapport de la Ciase, qui estimait à 330.000 le nombre de mineurs victimes de violences sexuelles dans l’Église.
Cette accusation s’ajoute au dossier Bétharram, l’un des plus lourds de l’enseignement catholique français. L’Institut Louis Joinet, une ONG spécialisée qui a enquêté plus d’un an à la demande de la congrégation mise en cause, estime qu’entre 700 et 1.500 enfants scolarisés de 1950 à la fin des années 1990 dans cet établissement et dans d’autres de la congrégation ont potentiellement été victimes de violences sexuelles, physiques ou psychologiques.