- Le parquet d’Amiens a accepté de lancer de nouvelles analyses dans l’affaire du meurtre d’Élodie Kulik.
- Ces expertises ont été demandées par Willy Bardon, condamné à 30 ans de réclusion et qui clame son innocence.
- Elles porteront notamment sur des traces ADN et sur l’enregistrement de l’appel passé par la victime aux secours.
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Vingt-quatre ans après le meurtre d’Élodie Kulik, l’enquête connaît un nouveau rebondissement. Le parquet d’Amiens a annoncé ce jeudi 9 juillet avoir ordonné de nouvelles expertises ADN et vocales dans cette affaire criminelle.
Dans la nuit du 10 au 11 janvier 2002, cette banquière de 24 ans avait été enlevée après un accident de voiture inexpliqué dans la Somme. Elle avait ensuite été violée, tuée et brûlée. L’enquête était restée bloquée pendant près de dix ans, avant l’identification d’un premier suspect, Grégory Wiart, grâce à une nouvelle technique d’analyse ADN. L’homme étant décédé en 2003 dans un accident de la route, les investigations s’étaient ensuite tournées vers son entourage, dont Willy Bardon.
Condamné en 2019 à 30 ans de réclusion pour enlèvement, viol et meurtre, ce dernier a toujours clamé son innocence dans cette affaire. Son ADN n’a jamais été retrouvé sur la scène de crime.
Des progrès techniques invoqués
Les avocats de Willy Bardon avaient demandé ces nouvelles expertises en mai, en s’appuyant sur les progrès réalisés depuis son procès en appel en 2021. Après avoir recueilli plusieurs avis scientifiques, le procureur d’Amiens a estimé que « l’évolution des techniques d’analyse en matière de voix et de génétique »
justifiait de nouvelles investigations.
Des analyses ADN seront ainsi menées sur des éléments pileux et des traces retrouvées sur les scènes de crime. L’enregistrement sonore de l’appel passé par Élodie Kulik aux secours sera aussi réexaminé. Pièce centrale du dossier, il contient les cris de la jeune femme et deux voix masculines. Ces nouvelles technologies pourraient permettre de confirmer ou d’écarter l’hypothèse selon laquelle l’une de ces voix serait celle de Willy Bardon.
À l’issue de ces expertises, le condamné pourra demander une révision de son procès. Ses avocats y voient « une nouvelle étape décisive dans la preuve de son innocence »
. La partie civile, elle, reste convaincue de sa culpabilité.









