- L’ancien ministre de la Culture et sa fille figurent dans de nouveaux documents dévoilés par l’administration américaine, au sujet de l’affaire Epstein.
- Bien que des liens financiers aient été mis en évidence entre la famille Lang et le pédocriminel, le président de l’IMA assure n’avoir rien su des crimes de l’homme d’affaires américain.
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Une déflagration jusqu’en France. Le nom de l’ancien ministre de la Culture Jack Lang et celui de sa fille aînée Caroline apparaissent dans une nouvelle salve de documents liés à l’affaire Epstein (nouvelle fenêtre), publiés vendredi par le ministère américain de la Justice. Après avoir dit « assumer »
ses liens avec le criminel sexuel américain, l’actuel président de l’Institut du monde arabe (IMA) à Paris a répété ce mercredi se sentir « blanc comme neige »
, et a refusé de quitter son poste.
Certains documents montrent en effet des liens financiers entre l’ancien ministre, sa famille et l’homme d’affaires. « Je ne l’ai
pas connu comme prédateur sexuel
(nouvelle fenêtre)«
, a répliqué Jack Lang au micro de RTL. Lors de sa rencontre avec l’homme d’affaires en 2010, par l’intermédiaire du réalisateur Woody Allen, il a assuré qu’il ne « savai(t) pas »
que ce dernier avait été condamné pour pédocriminalité, n’ayant pas « l’œil tourné vers les jurisprudences américaines »
. « C’était pour moi un inconnu »
, qui est devenu non pas un ami mais une « connaissance »
, un « homme cultivé et passionné d’art »
, a-t-il insisté.
Il ne « regrette pas d’avoir connu le premier Epstein »
L’ex-ministre socialiste de 86 ans a été interrogé sur un mail de Jeffrey Epstein qui lui était adressé, retrouvé dans ces dossiers : « l’enfant doit-il être initié à la religion, aux nouvelles sexualités, être testé, à quelle fréquence, test standardisé, exemple de projet »
, y écrit le milliardaire américain. « Je ne sais pas de quoi il s’agit, je ne connais pas ce mail »
, a évacué Jack Lang. Si la justice française venait à se pencher sur ces échanges, « je ne crains rien, je suis blanc comme neige »
, a-t-il martelé.
Interrogé sur une possible démission de son poste à la tête de l’IMA, il a rejeté en bloc cette possibilité : « Vous plaisantez ? L’IMA est plus solide que jamais »
, a-t-il rétorqué sur RTL. « J’ai reçu, depuis toutes ces histoires, des milliers de messages (de soutien) venant des pays arabes, de France et d’ailleurs. Croyez-moi, la confiance dans le président de l’IMA est totale »
, a-t-il encore lancé.
Des propos répétés peu après sur BFMTV. « Non, pas une seconde »
, a-t-il répondu à la question de savoir s’il comptait quitter ses fonctions. Il a de nouveau plaidé la « naïveté »
au sujet de ses liens avec le financier américain Jeffrey Epstein, et assuré n’avoir « jamais »
eu connaissance de ses crimes sexuels (nouvelle fenêtre).
« Je suis sans doute un pauvre naïf, un pauvre innocent, un pauvre débile… Je ne m’intéresse pas à la vie privée des gens »,
a-t-il insisté, répétant que Jeffrey Epstein était à l’époque « un autre que le criminel que l’on décrit aujourd’hui »
, et qu’il « ne regrette pas d’avoir connu le premier Epstein »
. « C’est Dr Jekyll et Mr Hyde »
, a-t-il encore appuyé. Il a aussi affirmé que dès qu’il a eu connaissance de ces crimes, « aussitôt toute relation a été rompue »
.
« Pas un centime » reçu du criminel, par sa fille ou par lui
Jack Lang a également apporté son soutien à sa fille Caroline, qui a démissionné d’un syndicat de producteurs de cinéma. Selon une enquête publiée lundi par Mediapart (nouvelle fenêtre), cette dernière avait fondé en 2016 avec Jeffrey Epstein une société « offshore »
domiciliée aux îles Vierges américaines. « Ma fille est une fille remarquable, passionnée par le cinéma, par l’art. Elle a eu cette idée merveilleuse, qui a plu, je crois, à Jeffrey Epstein, de mettre au point un système pour financer, acheter les œuvres de jeunes artistes »
, a-t-il déclaré sur RTL. Mais « l’erreur qu’elle a peut-être commise, c’est qu’elle a laissé faire, elle ne s’est pas occupée du reste »
, a concédé l’ancien ministre. La société « a été constituée par un administrateur et basta, c’est tout »
, et sa fille l’a dissoute en 2019.
« Je n’ai jamais reçu le moindre centime de Monsieur Epstein, et Caroline pas davantage »
, s’est-il même emporté. Sur BFMTV, il a aussi assuré n’avoir « fait aucune affaire avec »
le criminel sexuel, précisant que sa fille « n’a pas été payée, c’était bénévole »
. Il a en revanche reconnu avoir personnellement sollicité le financier pour 57.897 dollars, versés à une association de proches pour un film sur les « années Lang-Mitterrand »
. « Solliciter un mécène, ce n’est quand même pas un délit »
, a-t-il justifié, précisant que l’argent avait été utilisé pour ce projet.










