Andrew Mountbatten-Windsor, frère du roi Charles III et prince déchu, a été relâché, jeudi 19 février vers 20 h 20 (heure de Paris), après neuf heures de garde à vue, en attendant les suites de l’enquête, selon la police britannique. Il avait été arrêté le même jour, jeudi, pour des soupçons de « faute professionnelle dans l’exercice de fonctions publiques » et placé en garde à vue.
La BBC a diffusé peu avant 20h30 un cliché du prince à l’arrière d’une voiture, hagard et le regard fixe, quittant le poste de police où il avait été interrogé. Dans la foulée, la police de Windsor, où se situe la résidence Royal Lodge où Andrew habitait jusqu’à en être récemment chassé par le roi, a confirmé dans un communiqué avoir relâché le sexagénaire.
La police n’a pas nommé Andrew, comme c’est l’usage au Royaume-Uni, mais avait précisé plus tôt que l’homme avait été arrêté pour soupçons de « manquement à ses obligations dans l’exercice d’une fonction officielle ».
La police a aussi indiqué jeudi soir que les perquisitions lancées dans la matinée dans deux résidences liées à Andrew étaient terminées pour l’une, mais toujours en cours pour l’autre.
Début février, la police de Windsor avait indiqué « évaluer » des allégations selon lesquelles Andrew avait transmis des informations potentiellement confidentielles au financier et pédocriminel américain Jeffrey Epstein, notamment des rapports de voyages en Asie effectués lorsqu’Andrew était envoyé spécial du Royaume-Uni pour le Commerce, de 2001 à 2011.
L’arrestation d’Andrew est du jamais vu dans l’histoire moderne de la monarchie britannique. Le roi Charles III a réagi à la mi-journée en exprimant « une profonde inquiétude », mais aussi sa volonté de « laisser la justice suivre son cours ».
Donald Trump a pour sa part jugé « très triste » jeudi l’arrestation de l’ex-prince. « Je pense que c’est une honte. Je pense que c’est très triste. Je pense que c’est tellement mauvais pour la famille royale. C’est très, très triste », a confié le président américain pendant un échange avec la presse à bord de son avion, en assurant que pour sa part, il avait été « totalement » blanchi.
« Il n’a jamais été un prince »
Selon un courriel daté du 24 décembre 2010 et adressé à Jeffrey Epstein, issu des dossiers publiés par le ministère de la justice américain, Andrew Mountbatten-Windsor a transmis « un rapport confidentiel » sur les possibilités d’investissements internationaux dans la province du Helmand, en Afghanistan. L’ancien prince était alors envoyé spécial du Royaume-Uni pour le commerce international, fonction qu’il a occupée de 2001 à 2011.
Ces documents sont venus ajouter aux soupçons qui planaient déjà sur Andrew à la suite des accusations d’agressions sexuelles de Virginia Giuffre, principale témoin à charge du dossier Epstein, qui s’est suicidée en 2025. En 2022, une action en justice intentée par Mme Giuffre contre Andrew s’était soldée par un accord à l’amiable de plusieurs millions de livres.
« Il n’a jamais été un prince », ont réagi les frères et sœurs de Virginia Giuffre dans un communiqué transmis à CBS News. « Enfin, aujourd’hui, nos cœurs brisés ont été soulagés par la nouvelle que personne n’est au-dessus des lois, pas même la royauté. »








