Le parquet de Lyon a requis mercredi 26 mars le renvoi au tribunal correctionnel de Gaël Perdriau, maire (ex-Les Républicains, LR) de Saint-Etienne, pour « chantage », « association de malfaiteurs » et « détournement de fonds publics ». Le ministère public incrimine aussi Pierre Gauttieri, son ancien directeur de cabinet, Samy Kéfi-Jérôme, ancien élu, et Gilles Rossary-Lenglet, soupçonnés d’avoir participé à l’affaire dite de la « sextape », qui a consisté à piéger Gilles Artigues, ancien premier adjoint (Union des démocrates et indépendants, UDI) du maire, en menaçant de diffuser une vidéo intime tournée à son insu dans une chambre d’hôtel.
« La nature fondamentalement politique de l’objet de ce chantage justifiait (…) que le maire de Saint-Etienne soit forcément le seul à pouvoir valider une telle opération », estime Alain Grellet, procureur de la République adjoint de Lyon, dans son réquisitoire définitif de 38 pages, que Le Monde a pu consulter. Pour le magistrat, Gaël Perdriau a également supervisé la rétribution de cette manœuvre, en favorisant le circuit court de deux subventions de 20 000 euros, puisées sur la réserve budgétaire du maire. « La responsabilité pénale de Gaël Perdriau dans le financement de cette opération délictuelle est en tout point accablante », dit le réquisitoire.
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