Avec plus de vingt mois de retard sur le calendrier prévu par la loi, le gouvernement a rendu public, vendredi 4 avril, son projet de Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (Snanc). Cette feuille de route, censée fixer le cap d’une alimentation durable, favorable à la santé, moins émettrice de gaz à effet de serre et protectrice de la biodiversité, était à l’origine une demande de la Convention citoyenne pour le climat en 2020. L’alimentation se situe en effet au carrefour de multiples enjeux – sanitaires, environnementaux et climatiques et socio-économiques. Le principe de définir une stratégie cohérente pour répondre à tous ces défis et unifier les politiques publiques concernées avait été acté dans la loi climat et résilience de 2021, qui établissait que cette feuille de route soit publiée au 1er juillet 2023.
Le texte finalement mis en consultation a fait l’objet de nombreux allers-retours entre ministères. Il fixe de grands principes et quelques objectifs chiffrés. Certains étaient déjà connus et présentés dans d’autres plans, comme ceux de diminuer de 30 % par rapport à 2015 la prévalence du surpoids chez les enfants et adolescents, ou de réduire de moitié le gaspillage alimentaire pour la restauration collective et tous les autres secteurs. D’autres sont inédits, comme celui de viser, d’ici à 2030, 12 % de consommation de produits bio en valeur pour l’ensemble de la population, ou d’atteindre 80 % du territoire couvert par des projets alimentaires territoriaux – qui définissent des actions à l’échelle d’un territoire pour la restauration collective, le développement agricole ou la lutte contre la précarité alimentaire.
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