Dans Inventaire des peurs françaises (Odile Jacob, 256 pages, 22,90 euros), les politologues Anne Muxel et Pascal Perrineau ont mené une enquête inédite sur les peurs collectives et individuelles des Français, à partir d’un échantillon représentatif de plus de 3 000 personnes. Des peurs moins régulées qu’autrefois et ayant de fortes répercussions politiques.
Pourquoi avoir proposé cet inventaire des peurs françaises ?
Dans la foulée d’un travail autour de la crise sanitaire, qui m’a permis d’explorer les affects et les émotions ayant saisi les Français pendant cette période, nous avons souhaité, Pascal Perrineau et moi-même, travailler sur ces passions tristes qui taraudent les individus dans un temps d’incertitude de plus en plus marqué. Nous vivons un moment où il devient de plus en plus difficile de se projeter : chez les jeunes générations, les peurs sont ainsi nombreuses et intenses. Notre idée était de proposer un décryptage de la société française à l’aune de ce sentiment, qui impacte les visions du monde et se voit instrumentalisé par les populismes.
Quelles peurs priment aujourd’hui ?
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