Deux jours après la condamnation de Marine Le Pen, le président de la République, Emmanuel Macron, s’est exprimé pour la première fois, en conseil des ministres, mercredi 2 avril, où il a « rappelé » que la justice est « indépendante », que les « magistrats doivent être protégés », selon des propos rapportés par des participants à l’Agence France-Presse et Le Parisien.
Le chef de l’Etat a aussi affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours ». Des propos confirmés par la porte-parole du gouvernement, Sophie Primas, à l’issue du conseil des ministres.
Quant au « trouble » exprimé par François Bayrou après la condamnation de Mme Le Pen pour détournement de fonds publics dans l’affaire des assistants parlementaires du Front nation (devenu Rassemblement national), Sophie Primas a assuré qu’Emmanuel Macron ne l’avait pas abordé en conseil des ministres et a défendu que ce « trouble » du locataire de Matignon « n’est pas sur la peine, pas sur le jugement, pas sur la décision de la cour, mais est sur ce mécanisme décidé et voté par le Parlement (…) qui présente pour [François Bayrou] des conséquences curieuses, puisqu’on ne peut faire de recours sur la totalité de la peine ».
Une décision en appel d’ici « l’été 2026 »
La présidente du groupe du Rassemblement national à l’Assemblée a été condamnée lundi à quatre ans d’emprisonnement dont deux ferme aménagés sous bracelet électronique et à une amende de 100 000 euros, ainsi qu’à une inéligibilité immédiate pour cinq ans qui pourrait compromettre sa candidature à la présidentielle de 2027.
Alors que Mme Le Pen et le parti d’extrême droit on fait appel, la cour d’appel de Paris a toutefois fait savoir mardi qu’elle « examinera ce dossier dans des délais qui devraient permettre de rendre une décision à l’été 2026 ». Mercredi, Sophie Primas a refusé d’émettre un avis sur l’accélération du calendrier judiciaire tout en qualifiant cette avance de l’audiencement de « modeste » et « légère ».
Questionnée sur l’annonce par Eric Ciotti, patron des députés UDR à l’Assemblée et allié du RN, d’un dépôt d’une proposition de loi en juin pour « supprimer » l’exécution provisoire, la porte-parole du gouvernement a déclaré « laisser l’initiative parlementaire perdurer », en assurant que le « gouvernement regardera les modalités » mais n’a « pas de principe sur un texte qui n’existe pas et dont on ne connaît pas l’écriture ».