« Qui a ordonné l’assassinat de Marielle ? » Après le meurtre de Marielle Franco, conseillère municipale de Rio de Janeiro et militante noire et LGBTQI+, et de son chauffeur, Anderson Gomes, criblés de balles le 14 mars 2018 dans leur voiture, cette question a longtemps hanté le Brésil. Elle est apparue sur des pancartes, des tee-shirts et sur les murs à travers le pays. Il aura fallu huit ans pour que la justice apporte des réponses.
Mercredi 25 février, quatre juges du Tribunal suprême fédéral, la plus haute juridiction du pays, ont condamné à l’unanimité Joao Francisco Inacio Brazao, dit « Chiquinho », ancien député fédéral, et son frère Domingos Brazao, conseiller au tribunal des comptes de l’Etat de Rio de Janeiro, à soixante-seize ans et trois mois de prison pour avoir commandité l’assassinat de l’élue et de M. Gomes. Ils ont également été reconnus coupables d’appartenance à une organisation criminelle armée et de tentative d’homicide contre la collaboratrice de Marielle Franco qui a survécu à l’attaque.
Selon la justice, les deux frères ont voulu tuer la militante pour son opposition à des projets immobiliers clandestins dans des quartiers populaires menés par des milices – des organisations criminelles formées par d’anciens policiers qui contrôlent des zones entières de Rio – desquelles ils faisaient partie. D’après les aveux du tueur à gages qui a tiré sur l’élue, Ronnie Lessa, un ancien policier condamné en octobre 2024 à soixante-dix-huit ans de prison, les frères Brazao lui avaient promis des terrains valant des millions d’euros pour commettre le crime.
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