Les victimes de l’Eglise de l’unification ont salué l’émission, mardi 25 mars par le tribunal de Tokyo, d’un « ordre de dissolution juridique » de la Fédération des familles pour la paix mondiale et l’unification (FFWPU), plus connue sous le nom de « secte Moon ». Confirmée en appel, la décision entraînerait la cessation pour le mouvement des avantages, fiscaux notamment, accordés aux structures religieuses. Il pourra toutefois poursuivre ses activités de manière bénévole et ses adeptes continuer à pratiquer.
« Les victimes ont été entendues », s’est réjoui Susumu Murakoshi, président de l’organisation Avocats japonais pour les victimes de l’Eglise de l’unification, qui défend les personnes auxquelles le mouvement aurait extorqué des fonds par la pression et la manipulation. « Je savais à quel point l’Eglise de l’unification était mauvaise. J’étais persuadé que cette décision serait prise », a ajouté Tatsuo Hashida, dont l’ancienne épouse a donné 100 millions de yens (plus de 600 000 euros) à l’organisation.
Sans surprise, le dirigeant de la secte Moon au Japon, Tomihiro Tanaka, a déploré une décision fondée « sur les revendications d’anciens adeptes qui ont trahi ». Il a promis de faire appel. La procédure contre la FFWPU a été initiée après le meurtre, en 2022, de l’ancien premier ministre (2012-2020) Shinzo Abe. Son assassin, Tetsuya Yamagami, aurait agi pour venger sa famille, ruinée par le mouvement à la suite des dons consentis par sa mère. Il avait établi le lien entre M. Abe et l’organisation créée en 1954 en Corée du Sud par Sun Myung Moon (1920-2012).
Liens avec le Parti libéral-démocrate
Soutenue à l’époque par le pouvoir dictatorial sud-coréen, entre autres pour sa lutte contre le communisme, l’Eglise de l’unification a pu s’implanter en 1964 dans l’archipel grâce à l’appui de l’ex-premier ministre Nobusuke Kishi (1957-1960), grand-père de Shinzo Abe. Par la suite, elle n’a eu de cesse de développer des liens avec la Seiwakai, le puissant courant conservateur du Parti libéral-démocrate (PLD au pouvoir) auquel appartient la famille Kishi-Abe.
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