Au lendemain de la condamnation pour détournement de fonds publics de Marine Le Pen, le premier ministre lui a apporté un soutien inattendu, mardi 1er avril, à l’Assemblée nationale. Après l’énoncé du jugement du tribunal correctionnel de Paris, lundi, le chef du gouvernement s’était déjà dit « troublé » par la peine d’inéligibilité immédiate pour cinq ans reçue par l’ancienne présidente du Rassemblement national – elle est également condamnée à quatre ans de prison dont deux avec sursis et à 100 000 euros d’amende. « Il n’y a qu’en France qu’on fait ça ! », a-t-il lancé, mardi matin, devant les parlementaires du « socle commun ».
Tout en considérant qu’il n’a « pas le droit », en tant que membre du gouvernement, de « critiquer une décision de justice », François Bayrou a jugé, mardi, au cours d’une séance de questions au gouvernement particulièrement houleuse, que la décision rendue le 31 mars par le tribunal correctionnel de Paris soulève « des interrogations ». « En principe de droit, toute décision lourde et grave en matière pénale doit être susceptible d’appel » et « de recours », a-t-il estimé. Or « le seul point de l’exécution provisoire » fait que « des décisions potentiellement porteuses de conséquences irréversibles ne sont pas susceptibles d’appel », s’est-il inquiété, s’exprimant, a-t-il curieusement précisé, en tant que « citoyen ».
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