Depuis plus de trois semaines, Esteban Hernandez voit des langues noires et visqueuses de plusieurs kilos s’échouer sur les sept kilomètres de plage de Los Arrecifes. Ce village, situé dans la zone côtière de l’Etat du Veracruz, au Mexique, fait partie des quelque 630 kilomètres de littoral du golfe du Mexique affectés par une marée noire, qui a commencé à atteindre les côtes au début du mois de mars. M. Hernandez explique que le pétrole a été en partie recouvert par le sable de la plage, celui-là même dans lequel les tortues marines viendront pondre leurs œufs à la mi-mai, mais sa présence reste palpable : « Si tu marches sur la plage, tu sens encore des brûlures aux jambes, comme si on les frottait avec du piment », dit-il.
Pour ce gérant d’un petit complexe touristique, qui veille sur les tortues marines lors de la ponte, comme pour beaucoup des communautés voisines, la marée noire est un désastre : en plus de ses effets sur l’environnement, elle a fait fuir les touristes, quelques semaines avant la semaine de vacances de Pâques, qui a débuté samedi 28 mars. « Il n’y a personne, nous sommes dans une situation critique, on dépend totalement de la pêche et des touristes, et s’ils ne viennent pas, on ne gagne rien », s’alarme M. Hernandez.
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