L’eau deviendrait-elle une nouvelle cible du conflit au Moyen-Orient ? Les autorités iraniennes ont accusé les Etats-Unis, samedi 7 mars, d’avoir perturbé l’approvisionnement de 30 villages en s’en prenant à la station de traitement de l’eau de mer d’une île du détroit d’Ormuz, l’étroit couloir maritime qui se situe au cœur des hostilités. Le lendemain, le ministère de l’intérieur du Bahreïn – de l’autre côté du golfe Persique – a fait état de « dommages matériels » sur une de ses usines, attribués à une opération iranienne menée par drone.
Si le détail de ces attaques rapportées reste encore flou, elles mettent en évidence l’enjeu stratégique que représentent les installations de dessalement dans les terres arides de la péninsule arabique. « L’instrumentalisation de l’eau lors des conflits a toujours existé, souligne Mathilde Jourde, chercheuse à l’Institut de relations internationales et stratégiques, responsable du Programme climat, environnement et sécurité. Mais là, elle vient se superposer à une vulnérabilité hydrique très importante, qui s’accroît avec les changements climatiques et la maladaptation des pays du Golfe, qui dépendent de ces technologies. »
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