Des tirs en rafale et des explosions ont retenti vers trois heures du matin, dans la nuit du dimanche 8 au lundi 9 mars à Tahoua, une ville du centre du Niger située à environ 500 kilomètres de route de Niamey, semant la confusion chez les habitants. Sur l’une des vidéos qui circule en ligne, certains observent le ciel traversé de projectiles avec inquiétude, tandis que d’autres courent se mettre à l’abri. Dès la matinée, le calme était revenu.
Aucune victime civile n’est à déplorer à ce stade : c’est la base 401, située sur le territoire de l’aéroport, qui était visée. Des assaillants sont arrivés à moto, visant en particulier des drones turcs de l’armée nigérienne, stationnés à cet endroit. Si l’attaque n’a pas encore été revendiquée, les regards se tournent vers l’Etat islamique au Sahel (EIS), responsable d’une attaque conduite selon le même mode opératoire qui avait visé la base 101 de l’aéroport de Niamey, fin janvier, et provoqué des dégâts significatifs.
L’EIS est « le seul groupe présent dans la région qui ait les capacités et l’intention de mener une telle attaque », estime Héni Nsaibia, chercheur sur le Sahel à Acled, un groupe d’étude sur les conflits. L’organisation est en effet en position de force au Niger par rapport à son rival, le Groupe de soutien de l’islam et des musulmans (GSIM, filiale d’Al-Qaida au Sahel), plus puissant au Mali et au Burkina Faso.
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