Des djihadistes présumés ont pris d’assaut sans succès, dans la nuit de dimanche 15 à lundi 16 mars, un poste militaire en banlieue de Maiduguri, capitale de l’Etat de Borno (nord-est du Nigeria) qui n’avait pas subi d’attaque de ce type depuis plusieurs années.
L’attaque a eu lieu autour de minuit dans le quartier d’Ajilari Cross, une banlieue du sud-ouest de Maiduguri située à une poignée de kilomètres de l’aéroport de la ville. Selon les services de secours, les assaillants ont été rapidement repoussés par l’armée. Le quartier était calme lundi matin, ont constaté des journalistes de l’Agence France-Presse (AFP).
Un porte-parole pour l’Etat de Borno de la Nema, l’agence des secours nigériane, a affirmé à l’AFP avoir reçu « des rapports faisant état d’une attaque menée par des acteurs armés non étatiques » qui a été « repoussée par l’armée ».
« Vers 00 h 15 ce matin, nous avons commencé à entendre des coups de feu provenant de la base militaire. Plus tard, nous avons compris qu’il s’agissait d’une attaque menée par des insurgés que l’on pense appartenir à Boko Haram », a expliqué à l’AFP Mustapha Aminu, un habitant du quartier. Il a ajouté avoir vu « quatre cadavres parmi les assaillants ».
Un attentat meurtrier en décembre
Une autre habitante d’Ajilari Cross, Yakaka Ali Gana, a raconté avoir vu « les assaillants se déplacer à pied près de la base militaire » et avoir entendu « des coups de feu » pendant « au moins quarante minutes ». « C’est la première fois que des assaillants font irruption dans notre communauté et attaquent la base militaire », a-t-elle déclaré.
Un porte-parole de la police, Nahum Kenneth Daso, a affirmé sur son compte X que « le calme [était] revenu » à Ajilari Cross après l’intervention des forces de sécurité. Il a ajouté que des « terroristes présumés » avaient mené une autre attaque simultanée, « vers une heure du matin », dans la circonscription de Damboa, située à plusieurs dizaines de kilomètres au sud de Maiduguri. Cette attaque a également été repoussée, selon M. Daso.
Les djihadistes de Boko Haram et du groupe rival Etat islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP) ont intensifié récemment leurs attaques contre des cibles militaires et civiles. Les forces de sécurité nigérianes luttent contre leur sanglante insurrection depuis seize ans.
Autrefois le théâtre de fusillades et d’attentats à la bombe, avec un pic des attaques au milieu des années 2010, Maiduguri était plutôt calme depuis quelques années. La dernière attaque majeure remontait à 2021, quand des djihadistes de Boko Haram avaient tiré au mortier sur la ville, tuant dix personnes. En décembre, un attentat à la bombe non revendiqué avait fait au moins sept morts dans une mosquée de la ville.
Déploiement américain
Mais, dans les campagnes environnantes, les violences persistent et les groupes djihadistes ont intensifié leurs attaques ces derniers mois. La semaine dernière, l’armée a confirmé des « attaques coordonnées » contre plusieurs bases militaires dans le Nord-Est, qui ont tué au moins 14 personnes dont 10 soldats.
Les Etats-Unis ont annoncé récemment l’envoi de 200 soldats au Nigeria pour aider l’armée nigériane à combattre les djihadistes. Ce déploiement intervient après que le président américain Donald Trump a dénoncé un prétendu « génocide » contre les chrétiens au Nigeria et accusé les autorités nigérianes de laisser faire. Ces accusations ont été rejetées par le gouvernement nigérian et les analystes, qui insistent sur le fait que les victimes des violences sont de toutes confessions.
Depuis 2009, les attaques djihadistes dans le nord-est du Nigeria ont fait plus de 40 000 morts et deux millions de déplacés, selon l’ONU. Malgré la répression militaire, divers groupes djihadistes ont émergé au Nigeria parallèlement à l’insurrection de Boko Haram. Le conflit s’est étendu au Niger, au Tchad et au Cameroun voisins.








