Le timbre inimitable de Fanny Ardant a retenti pendant dix minutes dans la salle d’audience hypnotisée, où l’actrice était venue défendre son ami de toujours, mercredi 26 mars. Dix minutes d’un monologue sensationnel pour saluer le « génie » de Gérard Depardieu qui « porte en soi quelque chose d’extravagant, d’insoumis, de dangereux ». « Oui, il prend de la place sur un tournage. Oui, il a une grande gueule. Oui, il dit des grossièretés. Mais Gérard a toujours tout donné, comme un volcan. Le métier d’acteur ne peut se faire qu’au péril de sa propre vie. Sans ce risque, on n’est plus un artiste, on est juste un serviteur. »
« Je sais que la société a changé, qu’il y a des choses qu’on tolérait qui ne sont plus tolérables », a encore dit Fanny Ardant, femme d’une époque où celles-ci ne portaient pas plainte : « J’ai connu des choses comme ça, j’ai balancé des claques, des insultes. Je sais qu’on peut dire non à Gérard. » « La peur » qui, selon l’actrice, empêche aujourd’hui d’autres qu’elle de venir témoigner en faveur de l’idole devenue infréquentable, « ne doit pas être une façon de faire obéir les citoyens, et ne doit pas servir de morale. Je ne crois qu’à la main tendue et au pardon, à l’amitié et à l’amour. »
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