Sans doute la gravité de l’actualité politico-judiciaire nationale contribue-t-elle à rendre plus délectable la suite et la fin de cette histoire de faux sièges Marie-Antoinette jugée au tribunal correctionnel de Pontoise, dans le Val-d’Oise.
Résumons : des chaises présumées royales vendues à des prix tout aussi royaux – soit 420 000 euros à 530 000 euros la pièce, 840 000 euros à 2 millions d’euros la paire – au château de Versailles, à la famille Guerrand-Hermès et au prince qatari Al-Thani, étaient des copies. Entre 2008 et 2015, toutes ont été fabriquées par Bruno Desnoues, l’un des ébénistes les plus talentueux du faubourg Saint-Antoine, à Paris, puis vendues par Bill Pallot, spécialiste incontesté du mobilier français du XVIIIe siècle, via des intermédiaires et des marchands réputés. Les deux faussaires, poursuivis pour tromperie et fraude fiscale – une partie de l’argent a été placée sur des comptes en Suisse – ont tout avoué. Des intermédiaires et des marchands initialement poursuivis ont bénéficié d’un non-lieu, à l’exception de Laurent Kraemer et de sa galerie familiale, renvoyés eux aussi devant le tribunal pour tromperie.
Il vous reste 76.75% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.