« Pain » : douleur. Le mot revient dans la bouche de nombreux élus républicains au Congrès, confrontés aux questions pressantes sur les taxes douanières massives et généralisées, que Donald Trump a annoncés mercredi 2 avril. En majorité, ces élus reprennent l’étrange métaphore médicale adoptée par le président, par conviction ou par peur de rétorsion. Dans l’avion le conduisant dès jeudi en Floride, pour participer à une partie de golf pendant que Wall Street plongeait, Donald Trump a comparé l’économie américaine à « un patient malade », qui nécessitait une « opération », aujourd’hui « terminée », avec l’annonce des barrières douanières. Or cette économie, héritée de Joe Biden, présentait certes des vulnérabilités – comme une dette terrible – mais ses bases étaient saines, la croissance solide et l’inflation jugulée. L’urgence d’une telle « opération » paraît donc très discutable, et ses effets négatifs ne font que débuter.
Impossible de nier l’évidence : celle des indices boursiers en chute libre, des inquiétudes industrielles, des plans de licenciement en vue et du risque inflationniste. Au Congrès, le « jour de la libération », vanté par la Maison Blanche, a été celui d’un accablement. Le sénateur républicain Ted Cruz (Texas) a fait partie des rares à s’exprimer sans ambiguïté, à l’antenne de Fox Business. « Les droits de douane sont une taxe sur les consommateurs, et je ne suis pas un fan du gonflement des taxes sur les consommateurs américains », a-t-il dit, en formulant l’espoir qu’il s’agisse d’un outil de pression, pour obtenir une baisse des taxes pratiquées par d’autres puissances commerciales.
Il vous reste 76.25% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.