L’AVIS DU « MONDE » – À VOIR
Le film s’inscrit d’emblée du côté du conte. L’histoire s’ouvre sur la naissance de Nino (Hassan Akil) et de Yasmina (Mounia Akl), à Beyrouth, à quelques mètres l’un de l’autre, à une petite minute d’intervalle seulement. Un coup du sort qui semble sceller un destin commun qu’Un monde fragile et merveilleux dévoile ensuite sur plusieurs décennies. Mais une toile de fond se dessine, plus inquiétante. Ce jour-là, l’hôpital est bombardé, un massacre a eu lieu non loin et le dernier tronçon de rail menant à l’une des gares de Beyrouth a été détruit pendant que des fusées libanaises tentaient de rejoindre l’espace. Tout le premier long-métrage de fiction du documentariste et monteur Cyril Aris tient là, dans cette volonté de faire coexister les rêves et les cauchemars, le merveilleux et la réalité brute, la comédie romantique et le drame.
Ces contrastes extrêmes sont une manière pour le cinéaste de rendre compte de la folie qui imprègne depuis plusieurs générations le quotidien des Libanais. Les mêmes questionnements traversent l’existence des personnages, comme celle de leurs parents : comment aimer dans un pays où tout menace constamment de s’effondrer ? Comment construire un futur heureux quand on a toujours connu la violence et la perte ? Déjà, le précédent long-métrage documentaire de Cyril Aris, Danser sur un volcan (2024), making of du tournage du film Costa Brava, Lebanon (2022), de Mounia Akl, dans les jours qui ont suivi l’explosion sur le port de Beyrouth, interrogeait le pouvoir de résilience de l’art face à une tragédie qui menaçait d’emporter tout un pays avec elle.
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