Nicolas Dufourcq est partout. A croire que le directeur général de Bpifrance a son rond de serviette dans les grands médias. Rien que ce mois de février, le voilà qui fustige un jour sur Public Sénat « la machine à produire du déficit ». Un autre, il débat sur France Culture avec le philosophe Alain Finkielkraut et Philippe Aghion, le « Prix Nobel d’économie », sur le thème « La France est-elle réformable ? ». Ou publie une tribune dans Le Figaro promettant, façon Game of Thrones : « L’austérité vient, et elle pourrait durer dix ans. »
Depuis la sortie de son livre, en octobre 2025, La Dette sociale de la France. 1974-2024 (éd. Odile Jacob), le banquier sexagénaire à la mèche en bataille et à l’air désabusé est sorti du champ restreint réservé aux experts économiques pour arpenter les émissions grand public, de « Quotidien », de Yann Barthès, sur TMC, à la matinale d’Apolline de Malherbe, sur BFM-TV, ou multiplier les vidéos sur TikTok et Instagram.
Le sujet de son pavé de 544 pages, pourtant, est aride. Il vise à comprendre les raisons de l’explosion de la dette française, avec une thèse sous-jacente : c’est le coût trop élevé de notre modèle social qui est responsable de cette dérive, et il est impératif de consentir d’importants sacrifices – retraite à 65 ans au minimum, augmentation du reste à charge dans l’Assurance-maladie, réduction du nombre de fonctionnaires… –, faute de quoi « ce trésor national » serait condamné.
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