Inutile de chercher son nom au fronton d’un édifice. Ni même son sigle à l’accueil du tribunal judiciaire de Paris, où il aura son siège : le Parquet national anticriminalité organisée, plus souvent désigné par son acronyme Pnaco, entrera officiellement en fonctions lundi 5 janvier, mais cultive déjà la discrétion nécessaire à la gestion d’affaires particulièrement sensibles.
C’est par « simple mesure de sécurité », déclare-t-on à la chancellerie, que le ministère ne souhaite pas préciser le détail de l’étage où les premiers magistrats partageront leurs bureaux, encore en phase d’aménagement. Sur cette sorte de task force spécialisée repose une bonne partie de la réussite de la mise en œuvre de la loi « narcotrafic », promulguée le 13 juin 2025 – laquelle détaille les missions de ce nouveau parquet national, pensé en résonance avec le Pnat, chargé de l’antiterrorisme.
Seize magistrats, recrutés ces dernières semaines, et dont le « casting » a été validé par le Conseil national de la magistrature, se mettront au travail dès ce début d’année. Un tiers de l’effectif provient directement de l’ex-juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée (Junalco), qui dépendait du parquet de Paris. Un deuxième tiers est issu des autres juridictions nationales spécialisées (JIRS) ou du parquet de Bobigny. Enfin, le dernier tiers des magistrats dispose d’une compétence connexe, notamment en matière économique et financière. La philosophie mise en avant par le ministère de la justice est de travailler en binôme : un magistrat « crim’org » épaulé par un collègue plus spécialisé « éco-fi ».
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