Le chef de la junte birmane, Min Aung Hlaing, a ordonné, selon un communiqué gouvernemental publié lundi 2 mars, la libération de quelque 7 300 détenus prodémocratie, emprisonnés en vertu d’une loi interdisant le « financement du terrorisme » et le soutien logistique à « tout groupe terroriste ».
Ces chefs d’accusation sont utilisés pour réprimer les mouvements prodémocratie, opposés au régime militaire putschiste, à la tête de l’Etat depuis février 2021. En cinq ans, des milliers de dissidents ont été emprisonnés par l’armée, refermant ainsi une parenthèse démocratique longue d’une dizaine d’années, et plongeant le pays d’Asie du sud-est dans une guerre civile.
Selon un journaliste de l’Agence France-Presse, environ 300 prisonniers ont quitté, lundi matin, la tristement célèbre prison d’Insein à Yangoun, située dans le sud du pays, où des proches émus brandissaient des bouquets de fleurs et des pancartes portant leurs noms.
Près de 12 500 personnes poursuivies pour les mêmes accusations – le soutien au « terrorisme » – verront leurs cas abandonnés, et plus de 2 800 autres détenus, dont les infractions n’ont pas été précisées, vont être libérés, selon des déclarations de la junte.
L’ancienne dirigeante toujours emprisonnée
Cette amnistie intervient à l’occasion d’un jour férié en Birmanie, pour la « sérénité du public » et « des raisons humanitaires », a précisé le gouvernement birman, qui cherche à adoucir son image depuis plusieurs mois.
Après avoir gouverné par la force pendant plus de cinq ans, l’armée a organisé en décembre 2025 et janvier des élections législatives qu’elle a présentées comme un premier pas vers un retour à la démocratie. Mais Aung San Suu Kyi, figure démocratique et ancienne dirigeante du pays, de 2016 à 2021, est toujours emprisonnée. Son parti a été dissous et le scrutin n’a pas pu se tenir dans de larges régions contrôlées par des groupes rebelles.
Le principal parti pro-armée a remporté une victoire écrasante à l’issue d’élections condamnées par des observateurs internationaux comme un moyen détourné de pérenniser le régime militaire. Le nouveau Parlement doit siéger dans deux semaines avant de désigner un président, qui pourrait être l’actuel chef de la junte, Min Aung Hlaing.











