• Le gouvernement a publié jeudi son projet de dépenses pour le budget 2027.
  • Celui-ci est marqué par une hausse des dépenses de l’État limitée à 0,4%, soit quatre fois inférieure à l’inflation, hors Défense et intérêts de la dette.
  • Voici les missions qui verraient leurs crédits augmentés ou baissés pour limiter le déficit public.

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Au lendemain de sa transmission aux commissions des Finances du Parlement, le gouvernement a publié jeudi 16 juillet  le document annuel fixant les « plafonds de dépenses du projet de loi de finances pour 2027 » (le « tiré à part » dans le jargon budgétaire). Et pour le prochain budget, qualifié de « de sauvegarde républicaine » par le ministre des Comptes publics David Amiel, l’exécutif affiche l’ambition de limiter l’an prochain la progression des dépenses ministérielles à 0,4%, « soit quatre fois moins que l’inflation attendue en 2027 » ; à l’exception de la hausse des dépenses de Défense (+6,4 milliards d’euros) et la charge de la dette (+12,3 milliards).

Alors que Sébastien Lecornu avait écrit en juin aux ministres pour leur demander de revoir à la baisse leurs demandes initiales, les crédits des ministères, hors Défense, n’augmenteront que de 1,5 milliard d’euros au total. « C’est un effort important de l’État pour limiter le déficit », explique le cabinet du ministre des Comptes publics.

Trois priorités : sécurité, transition écologique et éducation

Dans cet objectif, le gouvernement a décidé d’augmenter en priorité les moyens pour la sécurité intérieure et extérieure. Le ministère de l’Intérieur gagne ainsi 0,9 milliard d’euros, notamment pour lutter contre le narcotrafic, et celui de la Justice est augmenté de 0,4 milliard afin de renforcer les investissements numériques pour accélérer la dématérialisation et réduire les délais de jugement, quelques semaines après la mort de la jeune Lyhanna.

Autre forte priorité : la transition écologique avec 1,5 milliard d’euros supplémentaire pour cette mission. Ces crédits supplémentaires visent à répondre à l’électrification, à la décarbonation mais aussi à l’adaptation au changement climatique, alors que l’exécutif est mis sous pression par les épisodes caniculaires et les incendies d’une ampleur inédite.

La troisième priorité du gouvernement étant la jeunesse, le gouvernement a en outre décidé dans ses « plafonds de dépense » d’octroyer 0,8 milliard d’euros à l’Éducation nationale, et 0,6 milliard à l’Enseignement supérieur et à la Recherche.

Une perte importante pour la mission Travail

En revanche, la mission « Travail, emploi et administration des ministères sociaux » aurait, elle, à subir les plus gros efforts avec une baisse de 2,8 milliards d’euros par rapport à 2026. Selon le cabinet de David Amiel, cela fait suite aux effets des mesures d’économies adoptées les années précédentes et à une volonté de recentrer les moyens sur les dispositifs les plus efficients. Et de rappeler qu’avec un budget de 29,4 milliards en 2027, cette mission aura tout de même connu une hausse de 23% par rapport à 2019, avant la pandémie de Covid-19.

Parmi les principales ponctions de crédits pour limiter le déficit budgétaire, l’Aide publique au développement perdrait 0,3 milliard d’euros et les missions Agriculture et Santé 0,1 milliard chacune. De très légères baisses qui poussent le cabinet du ministre des Comptes publics à rappeler que les dépenses des autres ministères sont globalement « contenues à la stabilité » ; ce qui représente tout de même des efforts pour absorber la croissance tendancielle des dépenses.

Nicolas ose : Budget 2027, mission impossible Source : Bonjour !

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Nicolas ose : Budget 2027, mission impossible

Au total, les dépenses de l’administration centrale sont donc fixées à 708,4 milliards d’euros pour l’an prochain. Même si celles de la Sécurité sociale « croîtront plus vite que l’inflation », remarque le « tiré à part », pour progresser de 17 milliards d’euros à 838,3 milliards.

Le gouvernement demandera également aux collectivités territoriales, dont il ne maîtrise pas les budgets, de ne pas augmenter leurs dépenses au-delà de l’inflation en 2027.

Une démarche « inédite » avec quatre économistes reconnus

Le ministre David Amiel est attendu jeudi après-midi devant la Commission des finances de l’Assemblée nationale pour s’expliquer devant les députés sur le contenu du « tiré à part », qui ne reflète à ce stade que la volonté du gouvernement. Car, comme en 2025 et 2026, le budget évoluera sans doute, afin de trouver un compromis avec les oppositions.

Cette année, Bercy a décidé de confier à quatre économistes reconnus, d’écoles économiques différentes, le soin d’examiner les comptes publics « à livre ouvert » depuis fin mai, a rappelé jeudi sur franceinfo David Amiel. Une démarche « inédite », pour « que les choix qui seront faits dans les prochains mois le soient de manière éclairée. » 

D’autant que le rapport des quatre experts rendu mercredi alerte sur le déficit public, prévu à 5% du PIB cette année, qui pourrait déraper à 5,9% l’an prochain, et même à 6,8% en 2030. Ils préconisent donc un effort de 126 milliards d’euros d’ici à la fin du prochain quinquennat pour « faut stopper cette machine infernale de la dette publique qui nous étrangle », a enfin lancé le ministre.

Victor GAUTIER avec AFP

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