- Elon Musk a apporté son soutien à Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national à l’élection présidentielle de 2027.
- « Elle est le dernier espoir de la France », a-t-il écrit sur son réseau social X.
- Ce jeudi, les proches de la députée répondent aux accusations d’ingérences et assurent que le parti « n’est pas lié » par ce soutien.
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Ce soutien est-il plus embarrassant que bienvenu ? Mercredi 15 juillet sur son réseau social X, le milliardaire Elon Musk a apporté son soutien à Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national à l’élection présidentielle. « Elle est le dernier espoir de la France »
, a écrit le dirigeant de Tesla, repostant un message affirmant que «
les sondages
de Marine Le Pen ont DÉCOLLÉ »
.
Jusqu’à présent, Elon Musk n’avait apporté qu’un soutien personnel à Marine Le Pen, notamment au cours de son procès, sans soutenir clairement sa candidature aux élections françaises de l’année prochaine. « J’espère et j’encourage Mme Le Pen à surmonter cette persécution et à se présenter à la prochaine élection présidentielle »
en 2027, avait-il ainsi déclaré sur X le 1er avril 2025 après la condamnation en première instance de la leader du Rassemblement national.
Le soutien d’Elon Musk n’est pas anodin puisque l’Américain est détenteur des puissants algorithmes du réseau social X. Ce qui a entraîné très vite des accusations d’ingérence dans la classe politique française. Le député de l’Essonne Antoine Léaument (LFI) a ainsi dénoncé « l’ingérence étrangère d’Elon Musk (qui) a commencé pour l’élection présidentielle »
, appelant l’autorité publique indépendante garante de la liberté de communication (Arcom) à se saisir de ce dossier.
Se défaire de l’image de Trump
Ce soutien est également encombrant pour le RN car Elon Musk est associé au retour au pouvoir de Donald Trump, dont le parti d’extrême droite veut se démarquer. Aussi, Marine Le Pen sait qu’elle doit donner des gages d’indépendance, presque dix ans après être allée chercher l’appui de Vladimir Poutine (qui l’avait reçue au Kremlin) et celui de Donald Trump (qui l’avait laissée languir au pied de sa tour à New York).
Il y a dix-huit mois encore, Jordan Bardella se réjouissait de la réélection du président américain, incarnation à ses yeux du « vent de liberté qui souffle sur toutes les démocraties occidentales »
. La poussée belliciste des Etats-Unis, du Venezuela à l’Iran, en passant par le Groenland et la guerre tarifaire avec l’Europe, a obligé le parti à la flamme à revoir sa posture et à prôner le « rapport de force »
contre la « soumission »
. Marine Le Pen considère également désormais que Donald Trump « a fait exactement l’inverse de ce qu’il avait promis »
en renouant avec « une forme d’impérialisme »
. Tout le contraire d’un appel du pied à l’endroit de l’Américain et de ceux qui l’ont porté au pouvoir, à commencer par Elon Musk.
Qu’un milliardaire américain donne son avis, on est très loin de l’ingérence. Ou alors plus personne ne pourra rien dire
Qu’un milliardaire américain donne son avis, on est très loin de l’ingérence. Ou alors plus personne ne pourra rien dire
Sébastien Chenu
Dans la foulée de ce soutien, les dirigeants du parti ont donc dû minimiser le soutien d’Elon Musk et rappeler leur indépendance vis-à-vis du milliardaire. « Cela ne nous lie pas à Elon Musk et ça nous permet en tous les cas d’identifier le fait que oui, Marine Le Pen est vraiment le dernier espoir pour la France »
, a déclaré le vice-président du parti Sébastien Chenu ce jeudi 16 juillet sur France 2. « Qu’un milliardaire américain donne son avis, on est très loin de l’ingérence. Ou alors plus personne ne pourra rien dire »
, a-t-il ajouté bien que le tout-puissant patron de X dispose d’une influence décuplée par ses algorithmes. « Il y a des soutiens qui seront peut-être beaucoup plus embarrassants pour nos adversaires que celui d’Elon Musk aujourd’hui »
, a-t-il pronostiqué, sans donner de nom.
Sur franceinfo, le député RN Laurent Jacobelli a estimé que « chacun a le droit de s’exprimer »
et assuré que « les soutiens qui viennent d’ailleurs, nous ne les sollicitons pas »
. « Je vois certains beaux esprits qui se disent choqués. Ils étaient moins choqués quand un président des États-Unis (Barack Obama, ndlr) appelait à voter pour Emmanuel Macron ou un chancelier allemand. Je pense qu’il faut regarder tout ça avec beaucoup de distance et beaucoup de mesure. (…) Nous ne sommes pas responsables et nous ne devons pas répondre de ceux qui nous soutiennent »
, a-t-il ajouté.

