- La célèbre saison des cerisiers en fleurs a débuté à Tokyo.
- Un épisode très attendu par les Japonais, qui ne dure que deux semaines.
- Ce moment national de joie et d’optimisme attire également des millions de touristes étrangers.
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Les enquêtes de FX
L’événement est diffusé dans tout le Japon. La saison très attendue des sakuras, les cerisiers en fleurs, commence lorsque l’arbre de référence officiel, qui se trouve au sein du sanctuaire Yasukuni à Tokyo, présente au moins cinq fleurs écloses. Deux chefs météorologues vont ainsi l’inspecter, et si le compte y est, vient l’annonce officielle. « Nous avons cinq jours d’avance sur l’année dernière »
, précise l’un d’eux. La saison des cerisiers en fleurs est lancée. Dès lors, dans l’un des jardins publics les plus connus du pays, beaucoup de Japonais se pressent pour acheter un ticket, puis c’est la procession devant l’un des 1.000 cerisiers que compte le parc.
« S’il vous plaît, ne touchez pas les cerisiers »
De nombreux touristes répondent également présents. Ce sont majoritairement des Chinois, comme cette étudiante qui multiplie les selfies. « C’est très populaire ici. Beaucoup de personnes postent des photos sur les réseaux sociaux »
, dit-elle dans le reportage ci-dessus. Mais le problème avec les réseaux sociaux, c’est que tous les touristes choisissent les mêmes endroits. Pour mettre un semblant d’ordre, un agent de sécurité actionne un message préenregistré : « S’il vous plaît, ne touchez pas les cerisiers »,
peut-on entendre à intervalles réguliers. Certains sont invités à plier leur perche à selfie, mais il est difficile d’avoir un œil partout. D’autres posent des peluches sur les branches le temps d’une photo, en toute impunité.
Je veux capter l’interaction entre les cerisiers et les oiseaux. C’est tellement beau.
Je veux capter l’interaction entre les cerisiers et les oiseaux. C’est tellement beau.
Un touriste
Pendant ce temps, depuis 20 minutes, un autre touriste est à la recherche d’un « moment de grâce »
. « Je veux capter l’interaction entre les cerisiers et les oiseaux. C’est tellement beau »,
explique-t-il au micro de TF1. Dans cette forêt de touristes, il en reste malgré tout quelques-uns pour admirer le spectacle sans sortir un objectif ou un téléphone. C’est le cas de deux Marseillais. « Moi, je suis émerveillée. C’est magnifique »
, lance la dame.
Magnifique jusque dans le métro, où les cerisiers en fleurs s’invitent partout. Avec les pétales, on compose en effet des gâteaux apéritifs ou toutes sortes de desserts. Et dans les avions de ligne japonais, les sakuras s’imposent également en majesté sur les écrans.
Le problème, c’est que cet engouement crée un afflux sans précédent de touristes, dans une ville, Tokyo, déjà la plus grande métropole du monde. Ainsi, au bord d’un canal, dans un quartier habituellement si calme, des touristes espagnols expérimentent la vie en kimono sous l’un des 200 types de cerisiers en fleurs que compte le Japon. « Si on fait les comptes, 4 millions de touristes étrangers viennent au Japon pour la période des sakuras. Et à cela, vous ajoutez les Japonais eux-mêmes. Un sur deux, c’est-à-dire 60 millions, se déplacent à l’intérieur même du pays pour cet événement. Forcément, ça fait de sacrés bouchons »
, souligne l’envoyé spécial de TF1, François-Xavier ménage.
Et pour certains, ça enlève un peu de plaisir. C’est le cas d’Arnaud, originaire de Haute-Savoie qui effectue son premier voyage au Japon. « Ça casse la magie. Tokyo, c’est une très grande ville, une grande capitale, mais surenvahie de touristes »
, déplore-t-il. Cet afflux inédit de touristes étrangers est notamment lié à la faiblesse de la monnaie japonaise, le Yen, qui rend les séjours dans l’archipel bien moins chers que par le passé.
Le soir venu, dans les parcs de Tokyo, c’est l’heure du pique-nique sous les cerisiers, une pure tradition japonaise. Certains préfèrent mitrailler les cerisiers dans la pénombre, quand d’autres s’autorisent un moment de calme en amoureux, sous des cerisiers qui vont vite perdre leurs plumes blanches et roses. La parenthèse enchantée ne dure qu’une quinzaine de jours.










