- Les Landes se battent contre le nématode du pin, un ver microscopique qui attaque les arbres.
- Les mesures sont drastiques dans un département où l’enjeu est vital, la forêt occupant deux tiers du territoire.
- Une équipe de TF1 a suivi l’abattage des pins.
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Le 13H
Depuis deux semaines, les abatteuses arrachent les pins un à un dans les Landes. En cause, la présence de nématodes, des vers parasites mortels pour ces arbres. « On enlève tout. Ça nous attriste un peu. Parce que les grands pins, d’accord, c’est une sylviculture, mais les petits pins, ça fait mal au cœur. Mais c’est notre métier »
, témoigne Jean-Claude, chauffeur d’abatteuse, au micro du 13H de TF1.
D’ici au 15 février, une zone de 61 hectares sera méconnaissable : il n’y aura plus aucun arbre, et tous les débris de bois au sol seront broyés. « Le but final, c’est d’arriver à un sol comme ceci, qui est quasiment à nu, où il n’y a pas de copeaux de plus de 3 centimètres »,
affirme David Lapègue, directeur de Forestière Lapègue. « L’insecte vecteur du nématode est le monocamus, et sa larve fait 3 centimètres. Ça veut dire qu’il ne faut pas laisser de résidus de plus de 3 cm par 3 cm »
, ajoute-t-il.
À la bordure de ce chantier titanesque, Olivier Saint-Marty, gestionnaire de forêt, à Planfor Forêt Bois, représente le propriétaire du terrain. Il est chargé de définir la surface à abattre. À l’intérieur d’une zone donnée, tous les arbres sont condamnés. Mais il reste encore un espoir pour les végétaux à l’extérieur de cette zone, même s’ils seront prochainement analysés pour vérifier leur viabilité. « Il y a au moins 8.000-9.000 euros de manque à gagner à l’hectare. L’essentiel, c’est de sauvegarder tout le reste »
, souligne le gestionnaire de forêt, à Planfor Forêt Bois. « Malheureusement, la propriété se trouve au mauvais endroit »
, déplore-t-il.
Le nématode – Bursaphelenchus xylophilus
de son nom scientifique – est « un ver microscopique qui se développe dans les conifères, en particulier dans les pins, ce qui peut conduire au dépérissement des arbres touchés »
, décrit l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses). « Une fois entrés dans les arbres, et quand les conditions leur sont favorables, les nématodes se multiplient et bloquent ainsi la montée de la sève. Lorsqu’ils dépérissent, les arbres rougissent, perdent leurs aiguilles et peuvent mourir en quelques semaines »
, ajoute-t-elle. Selon le ministère de l’Agriculture, les végétaux peuvent décéder 30 à 50 jours après l’inoculation. Le ver ne présente, toutefois, aucun danger pour la santé humaine ou animale.
La préfecture prévoit d’indemniser les sylviculteurs touchés par ces larves originaires d’Amérique du Nord. Après abattage, ces derniers devront, en effet, attendre près de 40 ans pour obtenir de nouveaux arbres exploitables.












