- Trois ans après des inondations historiques dans le Pas-de-Calais, la commune de Blendecques a commencé la démolition de quatorze maisons sinistrées.
- Le cours d’eau qui traverse ce bourg de 5.000 habitants va aussi être dévié pour empêcher de nouvelles crues.
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Inondations : le Pas-de-Calais encore sous les eaux, un cauchemar sans fin
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C’est un chantier interdit au public. David Capitaine, le maire de Blandecques (Pas-de-Calais), en a ouvert les portes aux journalistes de TF1. Derrière les barrières apparaît un lotissement sans vie, avec des maisons à l’abandon. « Ça fait quand même très ville fantôme »
, lance-t-il dans le reportage ci-dessus. Depuis la semaine dernière, les pelleteuses grignotent les murs, arrachent les toits. Au total, 14 maisons seront détruites d’ici à la fin de l’année.
Avec le fonds Barnier et le dispositif PAPI, les personnes ont pu avoir leur maison rachetée à la valeur de leur maison avant inondation.
Avec le fonds Barnier et le dispositif PAPI, les personnes ont pu avoir leur maison rachetée à la valeur de leur maison avant inondation.
David Capitaine, maire de Blandecques (Pas-de-Calais)
La démolition et leur rachat coûtent plus de 3 millions d’euros à l’État. « Avec le fonds Barnier et le dispositif PAPI, les personnes ont pu faire racheter leur maison à la valeur de leur maison avant inondation. Il y a eu une perte forcément sentimentale, mais il n’y a pas eu de perte financière »
, explique l’édile. Il faut dire que la situation devenait intenable. Ce quartier, construit dans les années 80, est entouré par deux bras de l’Aa, un cours d’eau qui a débordé à plusieurs reprises. La dernière fois remonte à janvier 2024. Vincent Maquignon, l’un des habitants, venait alors en aide aux autres sinistrés.
Une personne a choisi de rester à Blandecques. Les autres se sont installés dans les environs, en hauteur, comme Vincent. Mais le père de famille a du mal à tourner la page. « À Blandecques, nous avons vécu 20 ans. C’est là où on a vu grandir nos enfants. C’est les premiers tours de roue, les premières courses, les anniversaires, les communions et j’en passe. C’est compliqué, même encore aujourd’hui, quand j’en parle, j’ai encore un peu l’émotion qui remonte »
, affirme-t-il.
Après la démolition de son ancienne maison et de celle de ses voisins, un nouveau chantier va commencer pour limiter les prochaines crues. Le niveau du sol sera baissé et le cours d’eau sera dévié. « La rivière, au lieu qu’elle soit linéaire, on va retrouver un serpentin. Ça limitera la casse et ça va faire ralentir l’eau sur les personnes qui sont en aval »
, indique Laurent Denis, président de l’agglomération du pays de Saint-Omer. Ce chantier d’aménagement hydraulique devrait débuter à l’été 2028.
La rédaction de TF1info | Reportage : Vincent LAMHAUT et Charles YZERMAN