- Un emballage de sandwich, une bouteille en plastique… mais aucune poubelle à l’horizon.
- Paris a fait le choix de réduire drastiquement le nombre de corbeilles dans les rues pour mettre un terme aux incivilités et stopper les dépôts sauvages.
- Mais cette méthode, pour le moins surprenante, est-elle vraiment efficace ? Le JT de TF1 est allé sur le terrain pour voir si le pari était réussi.
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Initiatives environnementales
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Dans l’un des quartiers les plus touristiques de Paris, trouver une poubelle de rue relève désormais du parcours du combattant. « Je n’en vois pas trop, c’est vrai »
, constate un badaud, croisé par une équipe du JT de 20H de TF1. Touristes comme habitants peinent à repérer ces équipements. « Ça m’oblige à garder mes déchets à la main, le temps de trouver une poubelle »
, souffle à notre micro un Américain de passage dans la capitale. Et cette difficulté n’est pas qu’une impression : les poubelles de rue sont effectivement moins nombreuses dans la « Ville lumière ».
Les chiffres confirment cette tendance à la baisse. Paris compte aujourd’hui 24.000 poubelles de rue, soit 2.000 de moins qu’il y a deux ans. « On a constaté que lorsque certaines poubelles étaient mal placées, pas assez grandes ou ne permettaient pas le tri, cela générait davantage de saletés, avec des salissures et des dépôts sauvages »
, nous explique Pierre Lombard, adjoint au maire chargé de la propreté, de l’assainissement et de la réduction des déchets.
Une stratégie inspirée du Japon
Supprimer des poubelles pour rendre une ville plus propre peut sembler contre-productif. Pourtant, selon Baptiste Potier, architecte en urbanisme et coauteur d’une étude consacrée à la question, l’idée est loin d’être absurde. Pour l’illustrer, il cite le cas d’une allée parisienne où deux poubelles avaient été installées il y a quelques années. Malgré leur présence, les déchets s’accumulaient au sol. Depuis, l’espace a été réaménagé et les corbeilles retirées. Résultat : la situation s’est nettement améliorée.
Cette stratégie s’inspire notamment du Japon, où il est presque impossible de trouver une poubelle pour jeter ses détritus dans l’espace public. Les habitants sont incités à les conserver et à les rapporter chez eux. Un modèle qui pose toutefois question lorsqu’il est transposé à Paris. Car sans poubelles dans les rues, encore faut-il que les déchets ne finissent pas à même le sol. Dans une rue où plusieurs corbeilles ont été retirées il y a quelques mois, le passage de la théorie à la pratique semble encore loin d’être acquis.
Paris est assez sale
Paris est assez sale
Une passante
« Je trouve que Paris est assez sale. Les rues sont assez sales, avec des gobelets qui sont jetés »
, déplore une passante interrogée. « Moi, je les mets dans mon petit sac, mais je vois que plein de gens jettent leurs mouchoirs »
, regrette une autre femme. À Paris, le pari de la réduction des poubelles semble donc encore loin d’être gagné. Mais dans certaines petites communes, cette stratégie fait déjà ses preuves.
À Combloux, un village de 2.000 habitants en Haute-Savoie, une place auparavant équipée de quatre à cinq corbeilles n’en compte plus qu’une seule, placée à un endroit jugé plus judicieux. Il y a deux ans, la commune est passée de 64 à 10 poubelles. Bilan : la propreté n’en a pas pâti. Mieux encore, cela a dégagé du temps pour ses agents municipaux. « On a moins d’agents qui sont affectés à la tâche de tournée des poubelles »
, confie Julie Hodeau, chargée de mission et de communication à Combloux. « On pouvait avoir jusqu’à deux équipes de deux agents. Aujourd’hui, c’est une équipe de deux agents qui passe tous les jours. »
Du temps gagné qui peut être réaffecté sur d’autres services de la ville.
La commune y voit aussi un autre avantage : un bénéfice environnemental. Moins de poubelles à vider, c’est moins de tournées pour les camions et donc moins d’émissions de CO₂.