Le Maroc sera bel et bien au rendez-vous des quarts de finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2025. Dimanche 4 janvier, les hôtes de la compétition sont venus à bout de la Tanzanie (1-0) à l’issue d’une partie qu’ils ont dominée sans pour autant faire preuve de sérénité, au stade Prince Moulay-Abdellah, à Rabat. Ils devront se mesurer, au tour suivant, au Cameroun qui a éliminé, de son côté, l’Afrique du Sud (2-1).
Face à des Tanzaniens entreprenants et bien décidés à produire du jeu, les Lions de l’Atlas ont bien failli concéder l’ouverture du score dès le début du match. Lancé dans la profondeur sur le côté droit, Selemani Mwalimu centre alors pour son compère d’attaque, Saimon Msuva, au second poteau. L’attaquant se retrouve seul face à une cage délaissée par Yassine Bounou, mais il ne parvient pas à rabattre le ballon de la tête (3e).
Un peu timorés, les Marocains – qui ont pu compter sur le retour du Parisien Achraf Hakimi, titulaire – ont peu à peu retrouvé leurs esprits. Les hommes du sélectionneur Walid Regragui ont eu la mainmise sur le ballon et se sont procuré quelques occasions sans pour autant cadrer le moindre tir au cours de la première période. La faute à un cruel manque de précision dans le dernier geste.
Quatrième but pour Brahim Diaz
« On n’a pas été au niveau, a fait valoir Walid Regragui à l’issue de la rencontre. On a eu beaucoup de déchets techniques, il y a du stress aussi, on aurait clairement pu se faire surprendre. »
La solution est finalement venue de Brahim Diaz, à l’heure de jeu. En très grande forme depuis le début du tournoi, l’attaquant du Real Madrid s’est défait d’un crochet de son vis-à-vis et a profité d’un mauvais placement du gardien tanzanien, Hussein Masalanga, pour frapper en force au premier poteau (1-0, 64e). Un but libérateur pour les 63 894 spectateurs acquis à la cause des Marocains.
Avec cette réalisation, le numéro 10 comptabilise quatre buts en autant de rencontres disputées dans cette CAN et s’affiche comme le principal danger de l’attaque marocaine, à l’heure de disputer les quarts de finale, vendredi 9 janvier, face au Cameroun.
Le renouveau du Cameroun
Les Lions Indomptables – cinq fois champion d’Afrique –, qui ne mettaient plus un pied devant l’autre depuis un an et demi à cause d’un conflit ouvert entre le ministère des sports et le président de la Fédération, la star Samuel Eto’o, a débarqué dans le tournoi sur la pointe des pieds, sans aucune certitude. Mais ils montent en puissance, à l’image de leur rencontre face aux Bafana Bafana, dimanche soir à Rabat, où malmenés pendant une mi-temps, ils se sont finalement imposés avec autorité.
Le Cameroun doit beaucoup pour ce renouveau à David Pagou, son sélectionneur, intronisé vingt jours seulement avant le début de la compétition en remplacement du Belge Marc Brys, dont il était l’adjoint. Pagou, homme de l’ombre et de confiance d’Eto’o, a fait le ménage dans l’effectif et a demandé à ses joueurs de se comporter en soldats durant le tournoi. Il s’est appuyé pour cela sur une très jeune ossature faite de joueurs prometteurs au service du collectif plutôt que sur des talents confirmés, tous laissés de côté.
Ce sont d’ailleurs deux de ses jeunes pousses qui ont marqué face à l’Afrique du Sud. C’est d’abord le latéral Junior Tchamadeu, 22 ans, boudé par Marc Brys et revenu en grâce avec Pagou, qui a ouvert le score contre le cours du jeu après une frappe contrée de Carlos Baleba derrière un corner (1-0, 34e).
Puis Christian Kofane, 19 ans, la pépite du Bayer Leverkusen qui brille en Bundesliga mais ne comptait aucune sélection avec les Lions avant la CAN, a doublé la mise de la tête en tout début de seconde période après un centre parfait de Mahamadou Nagida, rentré en jeu lors du premier acte à la place du Lorientais Darlin Yongwa, blessé (2-0, 47e).
Après la jeunesse des buteurs, c’est l’expérience de leur gardien du but, Dévis Epassy, seul trentenaire de l’équipe au coup d’envoi, qui a repoussé par deux fois les assauts sud-africains (62e et 69e). Epassy, 32 ans, n’a rien pu en revanche en toute fin de match lorsque Evidence Makgopa a repris à bout portant un centre d’Aubrey Modiba (2-1, 88e). Mais il était trop tard pour les Sud-Africains.










