• François Gemenne, professeur à HEC et membre du GIEC, était ce mardi l’invité de la matinale de TF1.
  • Il est revenu sur la nouvelle canicule qui touche le pays, conséquence directe du changement climatique.
  • « Nous ne reviendrons pas aux températures qu’on a connues au XXe siècle, aux étés de nos enfances. Donc il faut s’habituer et s’adapter à ces nouveaux étés qui ressembleront de plus en plus à celui-ci », a-t-il déclaré.

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Une nouvelle canicule, la cinquième de l’été, s’étend ce mardi 11 août à une partie de la France. Une actualité qui fait réagir François Gemenne, professeur à HEC et membre du GIEC, invité ce mardi 11 août de la matinale de TF1. L’enchaînement des épisodes caniculaires, « ça va arriver de plus en plus régulièrement, ça c’est une certitude », prévient-il. « Nous ne reviendrons pas, en tout cas pas de notre vivant, aux températures qu’on a connues au XXᵉ siècle, aux étés de nos enfances. Donc il faut s’habituer et s’adapter à ces nouveaux étés qui ressembleront de plus en plus à celui-ci », ajoute-t-il, prédisant qu’« on va avoir des canicules de plus en plus tôt, dès le mois de mai, de plus en plus tard, sans doute en septembre et en octobre ».

Le chercheur estime toutefois que « la bonne nouvelle, c’est que nous pouvons aussi limiter ce changement climatique puisque nous en sommes intégralement responsables ». « La France n’est pas un si mauvais élève qu’on le dit parfois. Il y a encore des choses à améliorer, mais globalement, la question de l’électrification du pays est en marche », estime François Gemenne, qui cite le bâti, les rythmes scolaires, les horaires de travail et l’agriculture dans les chantiers à mener. « En matière d’adaptation, il y a également aussi beaucoup d’inspiration à aller chercher notamment dans les pays du Sud (…) qui ont été confrontés beaucoup plus tôt que nous à leur propre vulnérabilité climatique, aux effets du changement climatique en matière d’architecture, d’urbanisme, en matière de secours d’urgence et de prévention. »

Une épargne mieux fléchée

Des solutions sont également possibles au niveau individuel, par exemple « passer à la voiture électrique, potentiellement installer une climatisation réversible si vous en avez les moyens », explique François Gemenne. Mais selon lui, le levier le plus important et intéressant est l’épargne. « L’argent que vous avez à la banque, parfois il est investi en soutien à des projets d’expansion d’énergies fossiles, des projets de déforestation. Le conseil que je pourrais donner ce matin c’est de se tracasser un peu de ce que financent leurs plans d’épargne de logement, leur assurance vie à la banque, d’aller voir leur banquier à la rentrée et de se dire au fond, qu’est-ce que mon argent finance et qu’est-ce que je voudrais qu’il finance ? »

Le professeur prédit également que le sujet du changement climatique et de ses conséquences sera l’un des plus discutés dans le cadre de la campagne pour l’élection présidentielle de 2027. Mais « ce qui compte, ce n’est pas la manière dont on va en parler dans les campagnes électorales, c’est ce qu’on va faire après. Moi, ce qui m’inquiète surtout, c’est que c’est un sujet dont on parle surtout lorsqu’on est confronté à la crise, à des problèmes de sécheresse, de pénurie d’eau, de canicule, et que dès que les températures redescendent, on a tendance à ne plus en parler. Et donc, le problème, c’est que si on n’en parle pas aussi quand les températures sont plus basses, on ne fait rien et on attend la nouvelle crise en se disant ‘Ah là, si on avait su, on aurait dû penser à…' »

J.F.

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