- Guillaume Canet a dévoilé ce vendredi à Cannes « Karma », son premier film de réalisateur depuis son Astérix.
- À des années-lumière, c’est un thriller psychologique et mystique d’une noirceur étonnante.
- En salles le 21 octobre, il est sublimé par le duel monstrueux entre Marion Cotillard et Denis Menochet.
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Festival de Cannes 2026 : films attendus, stars et actualités de la Croisette
Il n’avait pas présenté de film en tant que réalisateur au Festival de Cannes depuis Blood Ties
s, son expérience américaine mitigée en 2013. Le voilà de retour hors compétition avec Karma
, un thriller tourné entre la France et l’Espagne avec Marion Cotillard, Denis Menochet et la star argentine Leonardo Sbaraglia. Dans un registre dans lequel on ne l’attendait peut-être pas, ou plus, c’est sans doute l’un des tout meilleurs longs-métrages de sa carrière.
C’est quoi le pitch ? Dans un petit village au nord de l’Espagne, Jeanne, une femme au passé douloureux, tente de reconstruire sa vie auprès de Daniel, un homme qui rêve de lui faire un enfant. Le jour où son neveu disparaît, tout l’accable. Si bien qu’elle décide de prendre la fuite et de franchir la frontière française pour se réfugier dans une communauté religieuse qu’elle ne connaît que trop bien.
Mon avis ? Si vous voulez prendre autant de plaisir que moi devant ce surprenant film de genre, essayez de ne regarder aucune bande-annonce avant la sortie le 21 octobre prochain. Vingt ans après avoir adapté Harlan Coben avec Ne le dis à personne
, Guillaume Canet a concocté une intrigue de « page turner » qui explore une noirceur inédite dans sa filmographie de réalisateur.
Ça commence comme un thriller à la Dolores Redondo, le beau gosse incarné par l’Argentin Leonardo Sbaraglia refusant de croire que la femme qu’il aime est le monstre que suspecte la police. Et ça bascule progressivement vers l’horreur mystique dans un deuxième acte que ne renierait pas la Margaret Atwood de La Servante écarlate
. Si, si !
Dans un rôle d’héroïne à la dérive, hantée par son passé, Marion Cotillard livre l’une des meilleures performances de sa carrière. Manière de rappeler, si besoin était, qu’elle est la meilleure comédienne de sa génération. Face à elle, un Denis Menochet terrifiant jusqu’à la nausée dans un rôle de gourou psychopathe qui risque de donner des cauchemars à pas mal de spectateurs. Guillaume Canet prend un plaisir fou à les diriger jusqu’au point de rupture, dans une atmosphère oppressante renforcée par la sublime photo du chef opérateur Benoît Debie et une bande-originale assez inattendue de Yodelice.
J’entends déjà une partie de la Croisette se gausser de la volonté de Guillaume Canet de changer de registre et de froncer les sourcils, après avoir goûté au blockbuster populaire avec Astérix. C’est oublier qu’en tant qu’acteur, il a souvent excellé dans ce type d’univers tourmenté, de La Prochaine fois je viserai le cœur
de Cédric Anger à Mon Garçon
de Christian Carion. Pourquoi n’aurait-il pas le droit d’y replonger derrière la caméra ? En salles le 21 octobre prochain, Karma
a tout pour cartonner.

