- Les événements climatiques d’ampleur se multiplient ces derniers mois.
- Cela peut créer de véritables peurs et inquiétudes, généralement appelées éco-anxiété.
- Des psychologues livrent quelques conseils pour ne pas se laisser paralyser par cette anxiété.
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Initiatives environnementales
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Aucun mois de juin n’avait été aussi chaud en Europe de l’Ouest que celui de cette année, selon l’observatoire du climat européen, Copernicus (nouvelle fenêtre). Des incendies ravagent la France et ses voisins. Les événements climatiques catastrophiques se multiplient et s’intensifient. Cela crée peut-être chez vous une inquiétude profonde. « L’éco-anxiété désigne une détresse émotionnelle liée aux menaces environnementales et au changement climatique. Ce n’est pas un trouble au sens clinique mais avant tout une réaction psychologique normale face à une menace réelle »
, explique Inès Magtouf, psychologue lyonnaise, à TF1info.
Quand l’éco-anxiété devient-elle problématique ?
Une étude de The Lancet
(nouvelle fenêtre) de 2021 avait marqué les esprits. Elle montrait que 60% des enfants et des jeunes étaient « très »
ou « extrêmement inquiets »
à propos du changement climatique. « Être inquiet est une réaction normale et adaptative parce que la peur nous protège du danger, et a donc une utilité. C’est problématique quand ça devient trop envahissant, qu’on imagine des scénarios catastrophes »
, détaille Inès Magtouf. Pierre-Éric Sutter, psychologue qui s’intéresse au sujet depuis une dizaine d’années et a fondé l’Observatoire de l’éco-anxiété (Obseca), va plus loin. Il distingue l’éco-anxiété adaptative – qui permet d’agir immédiatement à son niveau pour apprendre à composer avec les nouvelles réalités climatiques – de sa manifestation mal-adaptative, « dangereuse ». « Ce n’est pas une maladie, c’est une détresse, un mal-être. Mais si on le laisse traîner, ça peut entraîner une dépression, par exemple »
, dit-il à TF1info. Il faut alors consulter un professionnel.
Dans sa pratique clinique, Claire Wallez, psychologue à Toulouse, a remarqué plusieurs pics de consultation. « Il y a des vagues : en été lorsqu’il y a des canicules, de la sécheresse, mais aussi à
Noël
, parce que ça réveille des choses chez les gens. Ce sont des personnes qui essaient d’être plus écologiques, mais cette période pousse à la consommation. Et c’est un moment où on voit sa famille, qui n’a pas toujours la même conscience de l’urgence »
, analyse-t-elle pour TF1info. Les personnes éco-anxieuses peuvent ressentir différents symptômes : inquiétude, ruminations, crises d’angoisse. Cela peut également entraîner des troubles du sommeil.
Les études, notamment une de l’OBSECA (Observatoire de l’éco-anxiété, partenaire de la Maison des éco-anxieux), publiée en avril 2025 (nouvelle fenêtre), ont démontré qu’il n’y a pas de profil type de l’éco-anxieux. Cette conscience fine qu’il faut « réajuster notre vision du monde, réapprendre à vivre dans des habitats adaptés pour réapprendre à habiter le monde et faire le deuil de celui qu’on connaît »,
comme l’explique Pierre-Éric Sutter, peut survenir à tous les âges et dans toutes les catégories sociales.
Pour avancer, il faut accepter la nouvelle réalité et les peurs
Que faire alors, face à ce constat ? « La première chose à faire, c’est normaliser l’émotion qu’on ressent »
, préconise Inès Magtouf, praticienne en thérapie cognitive et comportementale (TCC) : « Ensuite, il vaut mieux limiter l’exposition aux informations anxiogènes, faire une
détox digitale
, ou suivre des médias positifs. Pour se recentrer sur l’instant présent, on peut utiliser la défocalisation attentionnelle avec la technique des 5 sens : citer une chose autour de moi que je vois, une que j’entends, une que je peux goûter, une que je peux toucher et une que je peux sentir. »
Claire Wallez conseille également de « créer du lien avec des personnes qui ont cette même conscience écologique, passer à l’action à son niveau et s’interroger sur les valeurs qui ont du sens »
pour les personnes.
Pierre-Éric Sutter va plus loin : « Il faut faire un vrai travail de changement de paradigme sur le fait de reconnaître nos peurs et en faire des alliées. La peur arrive avant la cognition et permet d’envisager une gestion juste des choses. »
Celui qui a créé La maison des éco-anxieux en 2022, qui propose un diagnostic gratuit – et est donc « submergée de demandes » –
ne verse pas dans le pessimisme face au climat. « Il faut cultiver un espoir actif pour trouver de nouvelles manières de faire dans ce nouveau monde »,
enjoint-il.









