• Les huiles, tisanes ou bonbons à base de CBD seront interdits à la vente à partir du 15 mai 2026.
  • La Direction générale de l’alimentation a décidé d’appliquer une réglementation européenne.
  • La profession déplore une décision trop restrictive.

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Le 20H

La boutique de CBD de Yacid dans le 15ᵉ arrondissement de Paris risque de paraître bien vide à partir du vendredi 15 mai. À cette date, il va devoir retirer de la vente une grande partie de son stock. « Les produits qui vont disparaître le 15 mai, ce sera les sirops, les gâteaux, les gummies et les huiles qui sont derrière moi », nous explique Yacid Foda. 

Commercialisés depuis de nombreuses années en France, ces produits alimentaires à base de CBD (nouvelle fenêtre) vont désormais être interdits. La conséquence d’une nouvelle réglementation plus stricte. C’est un énorme coup dur pour ce gérant. Il a ouvert sa boutique il y a tout juste cinq mois. Ses produits constituent près de 30% de son chiffre d’affaires. « On a des stocks qu’on ne sait pas comment on va écouler ou est-ce qu’on va les rendre. Donc ça pose pas mal d’interrogations », s’inquiète-t-il.

Cette nouvelle interdiction concerne notamment les 2.500 boutiques spécialisées installées sur le territoire. Thérapeutique ou récréatif, le CBD, molécule extraite du cannabis, est toléré en France. Il ne provoque pas d’effet psychotrope à la différence du THC. Thibault, 21 ans, en consomme régulièrement sous forme alimentaire. « Moi, c’est surtout pour m’aider à dormir », explique-t-il. Il déplore la nouvelle réglementation. « C’est un substitut qui est naturel contrairement à tous les traitements médicamenteux qu’il peut y avoir », nous confie-t-il.

Ce nouveau cadre est d’une absurdité totale.

Désormais en France, seul le CBD à fumer (nouvelle fenêtre) ou sous forme de liquide pour cigarette électronique sera autorisé. Pourquoi ce nouveau cadre plus strict ? La France applique une réglementation européenne. Elle pointe une composition opaque et parfois dangereuse de certains de ses produits. « Certains de ces produits qu’on ne trouve pas en pharmacie et qu’on ne trouve que sur Internet contiennent des produits de synthèse. Ils sont dangereux et à visée psychotrope », analyse René Marrek, pharmacien et cofondateur de Pharm’addict. 

Avec la nouvelle réglementation, l’État vise donc à empêcher leur commercialisation. Une décision trop restrictive que dénonce l’un des syndicats du secteur. « Ce nouveau cadre est d’une absurdité totale. Il oriente les ressources de contrôle de l’État vers des produits déclarés plutôt que vers les produits dangereux et souvent stupéfiants », déplore l’Union des industriels pour la valorisation des extraits de chanvre (UIVEC). Début 2024, plusieurs centaines d’intoxications ont été recensées chez des personnes ayant consommé des produits présentés comme contenant du CBD.

La rédaction de TF1info | Reportage Francesco DEPAQUIT, Zeïnaba DIALLO

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