En 2020, la poussée des écologistes aux élections municipales fait la une de tous les journaux. Paris, Lyon, Bordeaux, Strasbourg, Besançon, Nancy, Tours, Annecy, Poitiers : de nombreuses grandes villes basculent. L’écologie municipale apparaît alors comme une force politique installée, capable de gouverner et de durer. Six ans plus tard, à un mois des élections municipales de 2026, le diagnostic dominant semble tout autre. Pour une large partie des commentateurs politiques, le « miracle » écologiste de 2020 ne se reproduira pas. Le parti Les Ecologistes serait en difficulté et, avec lui, ce serait l’écologie politique qui serait en recul en France.
Ce diagnostic repose en grande partie sur plusieurs malentendus. D’abord, le soutien des Français aux politiques écologiques ne se traduit pas mécaniquement par un vote pour le parti qui en porte le nom, comme l’a rappelé une analyse de Parlons Climat, publiée le 7 janvier 2026.
Ensuite, cette confusion est d’autant plus forte que l’on évalue le soutien ou le rejet de l’écologie presque exclusivement à l’aune des futurs et supposés résultats électoraux des grandes villes. Comme si l’avenir de l’écologie se jouait uniquement dans quelques métropoles. Et comme si le vote urbain suffisait à dire l’état réel du rapport des Français à la transition écologique.
Soutien à la transition
Cette lecture est largement incomplète, et profondément trompeuse. D’une part, car, dans cette analyse, on écarte une part significative de la population nationale, 33 % des Français résidant en milieu rural. D’autre part, parce que, depuis Paris, on oublie que les communes rurales comptent pour 88 % des 35 000 communes de France, et que ce sont elles qui sont en première ligne du défi et de la menace climatiques. Cette invisibilisation n’est pas neutre : il conduit les partis écologistes et de nombreuses associations environnementales à concentrer leurs forces sur les centres-villes et à abandonner les territoires où se jouent réellement les élections municipales.
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