• Les églises font face à une vague de vols sans précédent.
  • Statues, croix, tableaux… rien n’échappe aux cambrioleurs qui profitent du manque de surveillance de ces édifices.
  • Au total, 538 objets religieux ont été volés en 2025, 11% de plus qu’en 2024.

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Le 20H

Le choc a été important à Saint-Sulpice-les-Champs. Dans ce village de la Creuse, un vol pas tout à fait comme les autres s’est déroulé : un des objets les plus précieux de l’église a été dérobé (nouvelle fenêtre). « Au moment de la célébration de la messe, le prêtre a ouvert et a trouvé le tabernacle complètement vide », raconte Patrick Jallais, 2ᵉ adjoint à la mairie.

Le ciboire dérobé, vase où l’on conserve les hosties, est estimé à plus de 2.000 euros. « S’en prendre à une église pour nous, c’est inconcevable. On a pensé à deux choses : soit pour les matériaux précieux, soit, la gendarmerie pense aussi à des célébrations occultes », détaille encore l’élu.

À la suite de ce vol, le maire de Saint-Sulpice-les-Champs a pris une mesure radicale : fermer l’église la journée.

Les vols dans les églises sont en hausse en France. 538 objets religieux ont été dérobés en 2025, c’est 11% de plus qu’en 2024. Alors certains édifices investissent dans des systèmes de surveillance. C’est le cas de la collégiale Saint-Martin-de-Colmar, dans le Haut-Rhin, qui a été cambriolée plusieurs fois ces dernières années. Un système de surveillance qui permet aussi de fournir des preuves supplémentaires pour les dépôts de plainte. 

Des trafics internationaux

Les vols dans les églises sont aussi confrontés à une problématique : bien souvent, on ne sait pas précisément ce que possèdent les paroisses. Alors pour avoir une idée de ce qui est dérobé, des bénévoles ont lancé un inventaire des bâtiments et des objets religieux. Un recensement nécessaire, le dernier datait de 1905, lors de la loi de séparation entre l’Église et l’État.

« Ce sont de tout petits détails, mais c’est grâce à ces petits détails que les services de police pourront enquêter et identifier des objets », assure Hadrien Lacoste, vice-président de l’observatoire du patrimoine religieux. Une liste qui peut être remise aux enquêteurs si besoin. Les églises restent des cibles privilégiées (nouvelle fenêtre) : souvent peu sécurisées, elles offrent un accès à des objets de grande valeur.

« C’est facile de fondre des pièces d’orfèvrerie puisqu’on sait très bien actuellement qu’il y a une flambée des métaux précieux », pointe Hadrien Lacoste. Certaines œuvres se retrouvent même au cœur de trafics organisés, destinés à alimenter le marché de l’art. « Beaucoup de ces pièces partent à l’étranger, aux États-Unis et en Asie ». 

Des centaines de vols sont recensés chaque année en France, mais peu d’enquêtes aboutissent. En décembre dernier, deux hommes ont tout de même été condamnés à trois ans de prison pour des vols dans 29 églises du nord de la France.

La rédaction de TF1info | Reportage TF1 : Théo PROUVOST et Karine BÉTUN

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