- Le mouvement de blocage lycéen est né au lycée Antoine de Saint-Exupéry, à Créteil, qui s’était mobilisé le 17 septembre dernier.
- Alors que la contestation a pris de l’ampleur en France, les cours ont déjà repris dans cet établissement du Val-de-Marne.
- Le lycée a obtenu les moyens supplémentaires demandés.
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Lycées, facs… le mouvement de contestation prend de l’ampleur
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C’est le berceau du mouvement de blocage lycéen, qui a pris une ampleur nationale. Les manifestations ont en effet commencé le 17 septembre dernier au lycée Antoine de Saint-Exupéry, à Créteil (Val-de-Marne), en soutien aux professeurs en grève contre le manque de personnel et de moyens. Mais deux semaines après le premier blocus, les élèves ont pu reprendre les cours, dans la semaine du 28 octobre, estimant avoir eu gain de cause.
« On a obtenu le poste de proviseur adjoint, on a obtenu le chef de travaux, donc désormais, nos élèves peuvent partir en stage. Là, on est en attente d’une infirmière, qui devrait arriver normalement la semaine prochaine »
, énumère, soulagé, Laurent Bayssière, professeur de mathématiques au lycée Saint-Exupéry et secrétaire académique du Syndicat des enseignants-UNSA (Val-de-Marne).
« L’éducation, c’est un droit »
Tout commence le 17 septembre. Ce jour-là, les professeurs se mettent en grève pour dénoncer une dizaine de postes non pourvus. Les lycéens se mobilisent à leur côté dès le lendemain. Parmi eux figurent des élèves de terminale, comme Amine Bourada, particulièrement inquiet pour son année du bac. « On a commencé sans prof de maths, alors que l’année dernière, on n’avait eu que pendant trois mois un prof de maths. C’est surtout pour le bac de maths que je me suis inquiété »
, confie l’élève au micro de TF1.
Avec ses camarades, Amine Bourada publie des tracts, sur lesquels il est précisé : « Veuillez ne pas mettre de désordre, ne rien casser »
. Le lundi suivant, des centaines de jeunes manifestent devant l’établissement. « L’éducation, c’est un droit, c’est pas un but ! »
scandent les élèves. Au cours de la mobilisation, des tirs de mortier d’artifice blessent deux personnes. Les auteurs sont rapidement interpellés par les policiers qui sécurisent la zone, aux côtés des parents d’élèves mobilisés.
« On a été là aussi, physiquement parlant, le lundi pour encadrer avec les professeurs et personnels le mouvement des élèves, pour les aider à canaliser tout ça. Et surtout pour les mettre en sécurité, pour prendre contact avec la police dès le matin. Ça s’est d’ailleurs très bien passé tout au long de la journée »
, affirme Émilie Augustine, parent d’élève et présidente du bureau FCPE à Saint-Exupéry.
Lundi 21 septembre, alors que le mouvement lycéen s’étend en dehors de Créteil, une délégation d’élèves, de parents et de professeurs est reçue au rectorat. Tous échangent pendant près d’une heure. Quelques jours plus tard, le lycée obtient l’attribution d’une partie du personnel manquant. « On est légitimes de revendiquer nos droits, parce que l’égalité est une des valeurs de la République. C’est nous, l’avenir, c’est nous, les futurs ingénieurs, les futurs diplomates de demain. Donc c’est à nous de nous mobiliser, de nous faire entendre pour nos droits, tout simplement »
, martèle un élève. Fiers d’avoir obtenu gain de cause, les jeunes suivent maintenant avec inquiétude l’évolution du mouvement lycéen.