• Donald Trump a décidé fin janvier d’étrangler l’île de Cuba en la privant de pétrole, et pour l’instant, il parvient.
  • Ce grand reportage de TF1, diffusé ce mercredi 24 juin dans le 20H, vous plonge au coeur d’une population qui manque de tout et d’un pays qui s’effondre.

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La capitale cubaine compte 2 millions d’habitants, et pourtant, sur les images qui ouvrent le grand reportage du 20H de TF1 visible en tête de cet article, on ne voit circuler presque aucune voiture en plein centre de La Havane. Désormais, tricycles et triporteurs électriques y sont les principaux moyens de locomotion. Même les antiques voitures américaines, qui font depuis toujours la réputation de Cuba, roulent avec parcimonie. Car « l’essence est devenue le bien le plus rare de l’île« , explique notre reporter Michel Scott. En quelques mois, le blocus pétrolier américain imposé fin janvier a provoqué une pénurie de carburant sans précédent.

On ne compte plus les stations-service fermées. Et en cas d’ouverture, la distribution se fait au compte-coute. « Moi, je fais la queue depuis la nuit dernière« , assure une femme dans sa voiture. Dans ces conditions, se fournir au marché noir est une option, mais gare à l’essence frelatée. « On retrouve n’importe quoi dans le carburant, il y a de tout, parfois c’est mélangé à de l’huile de cuisson ou d’autres choses« , assure un homme.

Pharmacies vides, queues devant les banques…

Mais ce reportage, dans lequel certaines personnes sont floutées – celles qui sont filmées à leur insu et celles qui expriment une exaspération qui pourrait leur coûter cher -, nous montre que le carburant est loin d’être le seul à manquer. Car qui dit pénurie de pétrole dit coupures de courant. « Rien ne marche, on n’a pas la télé, pas de nouvelles, on a à peine de quoi charger nos téléphones, c’est tout« , assure une mère de famille chez qui se rend notre équipe. 

Plus embêtant encore, en pleine chaleur, le stockage des aliments périssables est impossible, comme en témoigne son frigo presque vide. « Le courant, c’est très inégal, ça peut être cinq heures par jour, ça peut être deux heures seulement, reprend-elle. Je ne sais pas combien de temps ça peut durer, mais qu’est ce qu’on peut y faire, l’absence de combustibles impacte tout« . Derrière le frigidaire, un portrait, celui du fondateur de la révolution cubaine, Fidel Castro. « Ce n’est pas de sa faute à Fidel, pas du tout. C’est après que ça s’est gâté« , commente la mère de famille.

En fait, l’étau américain qui asphyxie l’économie cubaine ne fait qu’aggraver les déficiences d’un système à bout de souffle. A l’image des déchets qui s’accumulent aux coins des rues, le pays dirigé depuis plus de 67 ans par le régime castriste s’enfonce dans une crise qu’il n’avait pas connue depuis la fin de l’URSS. La faillite de cette utopie révolutionnaire qu’était Cuba, c’est d’abord ses comptoirs, vides, où l’État distribuait gratuitement une aide alimentaire. Les bodegas comme on les appelle, non plus rien à offrir, comme nous le montre un homme en lisant sur son carnet de rationnement le peu de riz ou de sucre qu’il a reçu ces derniers mois. Il faut désormais chercher ces produits dans des magasins privés, mieux approvisionnés mais aux prix inaccessibles. Avec des pensions de retraite à 6 euros par mois, difficile de s’acheter ne serait-ce qu’un paquet de pâtes. 

Les pharmacies sont vides, elles aussi, et devant les banques, les fils s’allongent afin de sortir des espèces, les cartes de crédit ne fonctionnant plus. « Bien sûr, les choses doivent changer radicalement. On ne peut pas continuer comme ça, c’est nous, le peuple qui souffrons, pas le gouvernement« , lance un Cubain face à notre caméra. Regardez ce grand reportage en intégralité dans la vidéo en tête de cet article.

La rédaction de TF1info | Reportage : Michel SCOTT, Fabrice AMZEL, Lou BOURGOIN

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